L'homme qui veut légaliser l'avortement au Maroc, c'est lui, Chafik Chraïbi, président de l’Association Marocaine de Lutte contre l’Avortement Clandestin (AMLAC) qu'il vient de créer à cet effet. Il est aussi Chef de service de gynécologie obstétrique à la maternité des Orangers, CHU Rabat. Président fondateur de la Société marocaine des maladies du sein. 1er Vice-président de la Société royale marocaine de gynécologie obstétrique. Voici ses arguments.
Vous avez créé une association qui aborde un sujet tabou, pouvez-vous nous dire comment vous y avez été amené ?
J’ai été interpellé, scandalisé par le nombre de patientes qui présentent des complications en rapport avec l’avortement.
Ce sont des complications dues aux avortements non médicalisés faits par des infirmières, des qablates, des faiseuses d’anges, des herboristes, des voisines, n’importe qui.
Les patientes arrivent dans un état d’hémorragies ou d’infections graves, des cas d’intoxications aigues d’empoisonnements qui peuvent entraîner le décès de la mère.
Les avortements médicalisés peuvent aussi être pourvoyeurs de complications, différentes de celles que j’ai citées, mais n’empêche qu’il peut y avoir aussi des infections, des hémorragies, parfois des accidents anesthésiques.
L’avortement est médicalisé, certes, mais il n’est pas fait dans des conditions sanitaires adaptées, parce que fait dans des cabinets et non dans les cliniques.
Un médecin a été arrêté à Casablanca parce qu’il pratiquait l’avortement dans une cave, chez lui, donc dans des conditions qui ne sont pas idéales.
Des pratiques vieilles comme le monde, il y a certaines femmes qui essaient de se faire avorter elles-mêmes, au détriment de leur santé, parfois de leur vie.
Exact, cela m’a interpellé, aussi. Nous recevons des femmes enceintes de 4, 5 mois, qui se rompent la poche des eaux, soit elles-mêmes, avec une aiguille à tricoter, soit par l’intermédiaire d’une infirmière ou d’une sage femme.
Là, nous nous trouvons, devant une situation extrêmement délicate. Si nous laissons la grossesse évoluer, nous savons qu’une ouverture de la poche des eaux, à 4 mois, n’aboutira jamais à un enfant vivant de bonne qualité. Mais on s’expose à un risque infectieux très important, parce que la poche des eaux est ouverte, ce qui peut entraîner un choc sceptique et donc le décès de la mère.
Ce qui donne le topo suivant : bénéfice de garder la grossesse, nul, risque de garder une grossesse non bénéfique, très important.
Nous sommes alors obligés de terminer le travail.
C'est-à-dire que les patientes se rompent la poche des eaux, elles viennent chez nous dans un état lamentable et nous, dans un sens moral, éthique et de responsabilité médicale, nous sommes obligés de provoquer l’avortement nous-mêmes.
Dans l’intérêt de la santé de la mère qui risque l’infection.
Devant les multiplications de cette situation, il fallait bouger.
Ceci, du point de vue médical.
Du point de vue social, j’ai été interpellé par l’hypocrisie sociale. Les avortements existent partout. Tout le monde le sait. J’évalue le nombre d’avortements, dans notre pays, à 600, 700 par jour. On laisse faire les choses, et le jour où l’on veut tomber sur un médecin, soit parce qu’il y a eu des complications, soit parce qu’on veut sa peau, on lui tombe dessus et on le met en prison. C’est d’une hypocrisie renversante. Ce n’est pas normal.
Nous sommes obligés de réfléchir à tous les problèmes dramatiques médicaux et sociaux engendrés par les avortements clandestins.
Ce qui m’a interpellé aussi, ce sont les conséquences des grossesses non désirées, parmi elles, les enfants abandonnés. Nous continuons à en avoir, ici. Il n’y a pas que les illettrées ou les quasi analphabètes qui font des grossesses non désirées et qui abandonnent leurs enfants.
Au mois de septembre de l’année dernière, une jeune femme, niveau licence, est venue accoucher de triplés qu’elle a abandonnés. Il ne se passe pas une semaine sans qu’une célibataire n’arrive à la Maternité pour accoucher et abandonner son enfant.
La rue regorge de ces enfants, les orphelinats en regorgent.
Il va falloir trouver une solution à ces enfants
Ce sont eux qui paient la facture..
Exactement. Dans mon combat, je me suis intéressé aux enfants abandonnés. J’ai donc demandé à l’assistante sociale ce qu’elle faisait des enfants des mères célibataires.
Elle a eu une réponse aberrante : «Quand elle veut prendre son enfant, elle l’emmène et on n’en parle plus. »
Cela veut dire qu’elle vient de façon tout à fait anonyme, elle ne présente même pas sa carte d’identité nationale, elle accouche et le lendemain, elle prend son enfant et elle part.
Par contre, nous enregistrons l’identité de celle qui veut abandonner son enfant à la Maternité et nous la déclarons à la police et au procureur.
C’est ridicule. A la limite, c’est le contraire qui devrait se produire. Nous connaissons le devenir de l’enfant que la mère nous abandonne. Il sera confié à l’orphelinat, donc il y aura une traçabilité de cet enfant.
Tandis que celui qui est emmené par sa mère dont l’identification na pas été faite, nous ne connaissons pas son devenir.
Qui nous dit qu’elle ne va pas le vendre ou faire peut-être un trafic d’organes.
Un infanticide, peut-être ?
Mais qui sait ce qu’il peut advenir de cet enfant.
Il naît, elle le met sous le bras et elle part avec.
Il n’est enregistré nulle part ailleurs que chez nous. Et de quelle façon, encore, la mère peut donner un faux nom, une fausse adresse.
Vous ne demandez pas les papiers d’identité des femmes qui viennent accoucher ?
Quand une femme se présente chez nous et qu’elle est en plein travail. C’est à dire qu’elle est en train d’accoucher, nous ne pouvons exiger une carte nationale, soi-disant oubliée, avant de la prendre en charge.
Résultat, il n’y a aucune traçabilité de cet enfant. Cela m’a interpellé également.
La traçabilité des enfants fait partie des objectifs de l’Association,
Ce qui m’a interpellé, aussi, c’est le geste du suicide. Quand j’étais interne à l’hôpital Avicenne, j’ai vu des jeunes filles en tentative de suicide, dont l’examen révélait qu’elles étaient enceintes de 4 à 5 mois. Elles étaient complètement désemparées, ne sachant plus quoi faire de leur grossesse et la seule issue, à leurs yeux, était le suicide.
Il y aussi des jeunes filles qui sont expulsées du giron familial, parce que des parents bornés découvrent qu’elles sont enceintes. Souvent parce que quelqu’un a abusé d’elles, parfois même, au cours d’un viol ou d’un inceste. Elles se retrouvent dans la rue, ayant pour seule ressource, justement, la prostitution.
Comment peut-on rester indifférent devant tout cela ?
Je le répète encore une fois, il fallait bouger.
Professeur, quelle est la position des autres pays musulmans par rapport à l’avortement ?
La majorité des pays ont, à peu près, la même loi que la nôtre.
Mais l’Iran a fait une avancée depuis deux ans, en introduisant la possibilité de faire un avortement en cas de malformation fœtale.
Alors qu’au Maroc, c’est formellement interdit.
Imaginez, nous avons tous les moyens de diagnostiquer les malformations fœtales par l’échographie, les analyses biologiques, etc.…
Nous en informons les parents, précisant que l’enfant sera ou un lourd handicapé psychomoteur, ou qu’il va mourir à la naissance parce qu’il a une fragilité pulmonaire ou autre, mais nous ne pouvons rien faire. La loi ne le permet pas.
Ils doivent supporter encore 6 ou 5 mois de grossesse supplémentaires, pour avoir un bénéfice nul.
Les couples disent non, nous sommes jeunes, nous ne voulons pas de cette grossesse.
Mais je le répète, il n’y a rien à faire, la loi ne le permet pas.
L’Iran a fait cette avancée en faisant voter la loi par le Parlement.
C’est ce que j’essaye de faire en ce moment.
L’avortement est libre en Turquie, n’est-ce pas ?
Oui, tout à fait. En Tunisie aussi, ils ont complètement libéralisé l’avortement, sans conditions. Dans les années 60, bien avant la France qui l’a fait au début des années 70.
J’étais en Tunisie, il n’y a pas longtemps, ils pratiquent même l’avortement médicamenté, c'est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’un curetage, mais d’un médicament abortif administré dans des cliniques privées.
Il en est de même pour la Turquie. Or, ce sont deux pays dont la population est à majorité musulmane.
Vous avez le mérite d’avoir ouvert le débat. Quelles sont les réactions que vous avez suscitées auprès des partis politiques et des associations ?
Les media ont été très réceptifs : presse écrite et parlée nationales et internationales ; concernant l’audiovisuel, seules les télévisions internationales se sont intéressées à mon association et à mon combat.
Quant aux partis politiques et aux associations, j’ai attendu qu’ils me contactent, si mon programme les intéresse. Ce n’est pas à moi à demander aux partis politiques d’ajouter dans leurs programmes la lutte contre l’avortement clandestin.
Mais ni les partis politiques, ni les associations féministes ou même féminines n’ont réagi.
Il a fallu que je les contacte. De façon individuelle.
En privé, tous ceux que j’ai contactés étaient enthousiastes, mais en fait, il n’y a rien eu de concret.
Par contre, j’ai contacté les responsables du Parti pour la Justice et le Développement (PJD). Ils m’ont donné rendez vous en moins de 24 heures.
Nous nous sommes réunis au Parlement, tout le staff était là. On en a discuté, de manière officieuse. Ils ne semblent pas être contre un avortement avant 8 semaines.
Ils sont conscients des problèmes que posent les grossesses non désirées au Maroc.
Tout le monde me disait « attention au PJD », mais j’ai constaté que c’est un parti ouvert, qui veut régler les situations sociales.
Si vos propos sont bien compris, le PJD est prêt à discuter un problème que les « modernistes » esquivent.
Ils m’ont dit, en tous les cas, vouloir porter le débat devant le Parlement.
Seraient-ils pour la libéralisation de l’avortement ???
Non. Je tiens à préciser un principe fondamental, je ne suis pas moi-même pour la libéralisation totale de l’avortement.
Non. Je cherche à ce qu’on agisse sur un certain nombre de situations. Les situations contre lesquelles il faut agir sont claires : le viol, mais la loi ne nous donne pas le droit d’agir. L’inceste, la loi ne nous donne pas le droit d’agir. Certaines pathologies psychiatriques, la loi ne nous donne pas non plus le droit d’agir.
La loi dit que l’avortement est légal lorsque la grossesse fait courir un risque à la santé ou à la vie de la mère.
Or, la grossesse chez une femme atteinte de pathologie psychiatrique, ne présente pas un danger pour sa santé. Seulement, c’est une personne très vulnérable. A chaque fois qu’elle sort dans la rue, elle peut se faire abuser par n’importe qui, et donc se faire engrosser facilement. Etant simple d’esprit, c’est une proie facile.
Il y a une mère qui est venue me trouver, me demandant de faire quelque chose pour sa fille atteinte de pathologie mentale qui, chaque fois qu’elle sort dans la rue, est abusée.
Elle est enceinte, alors qu’elle venait de mettre au monde une petite fille, il y avait à peine trois mois. La mère, qui élève la petite fille, m’a déclaré être dans l’incapacité physique et matérielle d’élever un autre bébé. Elle voulait faire avorter sa fille. C’est une situation qui découle d’une pathologie psychiatrique. Mais, je ne peux rien faire.
De plus, je ne suis pas une association caritative qui veut régler les cas individuels de grossesse non désirée. Je veux ouvrir le débat et aller beaucoup plus loin : faire changer la loi.
C’est kafkaïen comme situation, y en a-t-il encore d’autres du même style?
Oui, le problème des mineures, c’est aussi une indication. Une mineure de 14 ans qui ne comprend encore rien à la vie, rien à la sexualité et qui se fait abuser par n’importe quel pédophile et qui se retrouve enceinte.
Pourquoi lui faire supporter une grossesse, à son âge, et bousiller sa vie ?
Il y a aussi les femmes de plus de 45 ans dont la grossesse peut présenter un danger, et pour la mère, et pour l’enfant qui peut avoir des malformations.
En résumé, vous avez donné comme indication de l’avortement : le viol, l’inceste, les malformations fœtales, les pathologies psychiatriques et les problèmes liés à l’âge de la maman. A vos yeux, ce sont les seuls cas où l'avortement devrait être permis ?
On peut ouvrir un petit peu vers d’autres situations sociales dramatiques, vécues par les familles, couple en instance de divorce, par exemple, une famille ayant déjà 5 ou 6 enfants où ni le père, ni la mère ne travaillent. En bref, certaines situations où la grossesse peut avoir des conséquences dramatiques.
Mais là, pour les situations sociales, ce sera sous le contrôle d’un comité d’éthique. Il ne s’agit pas d’une libéralisation aveugle.
C’est à ce comité d’éthique qu’il reviendrait d’établir une liste exhaustive des situations qui peuvent indiquer l’avortement.
Alors, si on arrive à régler ces situations, les conséquences seront extrêmement positives.
D’abord, cela va permettre d’éradiquer l’avortement non médicalisé. Les femmes auront l’accès aux hôpitaux et les avortements se feront dans un cadre sanitaire adapté.
Deuxièmement, les avortements clandestins médicalisés vont pouvoir se faire ouvertement, non plus en cachette, dans des caves ou des cabinets médicaux où les conditions sanitaires ne sont pas toujours idéales.
Et également, cela permettra une réduction du coût. L’avortement se pratique entre 2000 et 10.000 dirhams, parfois plus.
Pourquoi payer aussi cher alors que c’est un acte simple qui prend 3 ou 4 minutes ?
Tout simplement parce que le médecin fait payer le risque. C’est un acte clandestin qui lui fait courir des risques d’emprisonnement; tandis que s’il est permis par la loi, cela se fera à un coût normal, c’est un K 3O, donc 1000 dirhams.
Ce qui est triste et immoral, c’est que des jeunes filles vont se prostituer pour payer leur avortement à 4000 ou à 5000 dirhams.
Autre motif de tristesse, les médecins incarcérés. J’en ai répertorié une douzaine, actuellement. Il n’y aura plus de risque carcéral pour eux, si on travaille dans la légalité et si tout est fait dans les règles de l’art.
Enfin, dernière retombée, nous allons apparaître comme un pays moderne.
C’est vrai que le Maroc se modernise, c’est vrai que les tabous tombent, actuellement, on est en train de lutter contre le fléau le plus ancré dans la société marocaine, la corruption.
Prenons le taureau par les cornes et attaquons nous à ce fléau de l’avortement!
Le mot de la fin ?
L’Association Marocaine de Lutte contre l’Avortement Clandestin veut briser le tabou, ouvrir un débat national, car c'est l’affaire de tous.
Comme elle veut œuvrer pour la prévention des grossesses non désirées en sensibilisant les jeunes filles à travers une communication adaptée dans les écoles, dans les familles, au sein d’associations.
Nous sommes pour l’instauration de l’éducation sexuelle, il ne faut pas se voiler la face, les relations sexuelles hors mariage existent.
Il n’est pas question d’encourager la licence des mœurs, mais de faire face à un problème sanitaire et sociétal qui prend de l’ampleur. Je suis quotidiennement confronté au drame des avortements clandestins comme à celui des mères célibataires. La loi est très répressive, non seulement pour les praticiens mais également pour les femmes qui veulent se faire avorter.
La répression est-elle productive dans ce domaine ?
La répression seule ne saurait venir à bout du problème.
Outre la prévention, que j’ai mentionnée tout à l’heure, il faudrait également faciliter l’accès aux moyens contraceptifs et, pourquoi pas, à la pilule abortive, sous contrôle médical. Ensuite, il est urgent d’actualiser et d’assouplir la loi sur l’avortement, comme l’ont fait plusieurs pays, dont la Tunisie.
Vos détracteurs ne manqueront pas de vous taxer de vouloir encourager la débauche et de vous permettre, à vous médecins, de gagner de l’argent sans risque.
Il ne saurait y avoir de débat sans avis contradictoire, tout un chacun a raison de se poser des questions. Mais que ceux qui craignent pour les bonnes mœurs se tranquillisent. Prenons l’exemple de la Tunisie où l’avortement est libéralisé sans conditions, il s’y fait 30 fois moins d’avortements que chez nous où la loi est extrêmement sévère…
En ce qui concerne le deuxième volet, je n’ai aucun intérêt matériel, n’étant pas dans le privé.
Mon seul intérêt est d’éviter les horreurs que nous recevons à la Maternité quotidiennement et devant lesquelles nous sommes totalement impuissants, faute de loi.
Flashs
- Selon l’OMS, 13% de la mortalité maternelle au Maroc est imputée à l’avortement.
- La loi actuelle n’autorise l’avortement qu’en cas de pathologies maternelles graves, pouvant mettre en danger la vie de la mère, telles que les cardiopathies, les néphropathies ou la rétinopathie.
- L’article 449 du Code pénal punit de 1 à 5 ans de prison et d’une amende de 200 à 500 DH toute personne ayant provoqué, ou tenté de provoquer, un avortement avec ou sans l’accord de l’intéressée.
La peine est portée à 20 ans de réclusion en cas de décès et est doublée si l’avorteur est récidiviste.
- L’article 454 punit de 6 mois à 2 ans toute femme s’étant livrée à l’avortement sur elle-même.
- L’article 455 punit de 2 mois à 2 ans les complices d’un avortement, notamment les intermédiaires ou les vendeurs de produits abortifs.
Mustapha Ramid : «Notre avis à propos de l’avortement»
Mustapha Ramid
Nous avons décidé d’organiser un débat sur l’avortement auquel nous allons inviter des oulémas, des hommes de droit et des médecins. L’objectif est de bien étudier et analyser la question avant de sortir avec des conclusions à inclure dans une proposition de loi sur le sujet.
Pour l’instant, nous n’avons pas au sein du parti une vision définitive et claire sur le sujet de l’avortement. Car la question exige d’être analysée minutieusement. Pour l’heure, nous sommes encore occupés avec la loi de finances. Dès qu’on aura terminé, on se penchera sur le problème au moment opportun. Il faut dire que la question ne doit pas être examinée dans l’urgence.
Nous prenons cette question au sérieux. Car nous avons un point en commun avec Chafik Chraibi, le président de l’association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin. Nous portons la même préoccupation depuis qu’il nous a présenté un chiffre inquiétant, celui de 600 cas d’avortement illégaux qui se font par jour dans la clandestinité. On ne peut être qu’alarmé par cette situation. Nous sommes donc obligés de discuter de ce problème et de chercher les solutions à même de le résoudre. Au préalable, il faut d’abord constituer une vision claire sur le sujet ce qui sera fait prochainement.
En résumé, je dois dire que le sujet est très grave. On ne peut pas fermer les yeux et laisser faire. Nous allons faire le nécessaire.
«L’avortement clandestin est un problème de santé publique»
Nadia Bezzad
Pour Nadia Bezzad, Présidente déléguée de l’Organisation Panafricaine de Lutte contre le Sida (OPALS), l’avortement clandestin est un problème de santé publique qu’il faut éradiquer. Il s’inscrit néanmoins dans un cadre de santé reproductive qui englobe d’autres problèmes qui sont le taux révoltant de mortalité maternelle, l’avancée inquiétante du Sida et des maladies sexuellement transmissibles et le cancer du sein et de l’utérus qui continuent à tuer des milliers de femme pour cause d’indigence.
A l’initiative d’OPALS, une coalition, réunissant des membres de la société civile, des personnalités et des signataires, a lancé un appel au gouvernement pour qu’il accorde la priorité au programme de santé reproductive.
ASSOCIATION MAROCAINE DE LUTTE CONTRE LAVORTEMENTCLANDESTIN (AMLAC)
Liste des membres
PR CHAFIK CHRAIBI GYNECOLOGUE OBST PRESIDENT
DR AMINA MESTARI ANATOMO PATHOLOGISTE VICE PRESIDENT
DR SONIA AMRI RADIOLOGUE SECRETAIRE GENERALE
DR BOUAZZAOUI NAJAT GYNECO OBST TRESORIERE
DR SOFIADIBI GYNECO OBST TRESORRIERE ADJ
MR SAADHARTI DIRECTEUR AGENCE COM SECRETAIRE GEN. ADJ
PR ISSA BABANA ALAOUI POLITOLOGUE ASSESSEUR
Objectifs :
- Briser le tabou en rompant le silence sur la réalité de l'avortement clandestin et ses conséquences ;
- sensibiliser l'opinion publique et le corps médical sur la problématique de l’avortement clandestin en en faisant un débat national ;
- sensibiliser les femmes et les jeunes filles contre les risques inhérents aux grossesses non désirées (prévention): éducation sexuelle des jeunes filles (associations, école, famille) et promotion des moyens contraceptifs
- oeuvrer pour la réforme de la législation nationale par l’adoption de textes moins restrictifs.
source : Le Reporter
lien : http://www.lereporter.ma/index.php?option=com_content&view=article&id=807:avortements-clandestins-entretien-avec-le-professeur-chafik-chraibi-&catid=54:dossier&Itemid=172