Revue de presse de l'association Pluriel face à incestes et abus sexuels

Revue de presse et réalisations de l'association Pluriel face à incestes et abus sexuels

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dimanche, octobre 12 2008

Le Catésien accusé d'inceste relaxé hier soir

Après une première journée plutôt favorable à l'accusé (notre édition d'hier), la victime présumée attendait, hier, beaucoup du deuxième acte. Rappelons que devant la cour d'assises de Douai, sur le banc de la partie civile s'est assis un adolescent de 16 ans qui accuse son beau-père de l'avoir violé, à une vingtaine de reprises quand il avait entre 11 et 14 ans, au Cateau.

Mais premier coup dur pour la partie civile : la mère de la victime, souffrant de dépression, ne s'est pas déplacée. « Je reste avec mes questions », s'est désolé le président. Son témoignage était d'autant plus important que c'est elle qui avait alerté les gendarmes, après avoir recueilli les révélations de Gabriel (*).

Après la personnalité de l'accusé la veille (notre édition d'hier), la cour a examiné celle du plaignant. Un adolescent « dépressif », « aux idées suicidaires », a décrit la psychologue, depuis que ses parents se sont séparés quand il avait 7 ans. « Le manque du père » lui pèse et explique en partie « son absentéisme scolaire », « son agressivité » et même des « automutilations », raconte son éducatrice spécialisée. Son état s'était dégradé selon la psychologue, qui parle d'un « deuxième traumatisme ». « Il n'a plus confiance en les adultes », a expliqué l'éducatrice, qui alla jusqu'à dire qu' « il a l'impression que sa mère ne le croit pas ». Un propos que Me Denis, l'avocat de l'accusé n'a pas manqué de pointer pour fragiliser la parole de l'ado. C'était juste avant que Gabriel confronte sa parole à celle du beau-père qui nie depuis le début. Un moment sensible qui s'est déroulé à huis clos à la demande du mineur.

L'avocat général avait requis 10 ans de réclusion Le rideau s'est rouvert l'après-midi, sur les plaidoiries. Me Malengé, pour l'accusation, s'est bien sûr appuyé sur la vulnérabilité de son client : « c'est parce que Gabriel avait peur, était fragile que c'était facile de l'emmener dans les bois... » D'insister sur la « précision » des faits rapportés par Gabriel. De s'accrocher aussi sur « des indices matériels » : les films pédo-pornographiques retrouvés dans l'ordinateur de l'accusé, et sur lesquels « il s'excitait », avant, selon l'avocat, « de reproduire les scènes de sodomie sur celui qu'il pouvait dominer ». L'avocat général, dans la foulée, n'a pas hésité à requérir dix ans de réclusion criminelle contre le « pédophile opportuniste ».

Pédophile, son client ? Me Denis, son avocat, bien sûr n'y croit pas. Il a enjoint la cour « à ne pas se laisser envahir par l'émotion parce que c'est un enfant ». De démontrer l'absence de preuve matérielle pour créditer la parole de Gabriel malgré les perquisitions, « on ne retrouve rien ». De rappeler que psychiatre et psychologue n'ont pas décelé « de déviance sexuelle » chez l'accusé (lire aussi notre édition d'hier). De prévenir les jurés : « on va vers une erreur judiciaire ». De marteler que « le doute doit profiter à l'accusé ».

Après une heure et demi de délibération, la cour a suivi la défense, et a acquitté l'accusé pour les faits de viols. Quant au délit de téléchargement de films pédo-pornographiques, il a écopé d'un an de prison avec sursis. Le verdict sonnait comme une délivrance pour le Catésien, qui, rappelons-le, était incarcéré depuis dix-huit mois pour ces faits. C'est libre, hier soir, qu'il a quitté la cour d'assises de Douai. •

CÉCILE THIÉBAUT

(*) Prénom d'emprunt. Nous avons également volontairement tu le nom de l'accusé pour préserver l'anonymat du mineur.

source : la Voix du Nord .fr

samedi, octobre 11 2008

Assises D'agen . 10 ans de prison pour le père incestueux

Fidèle à une année près aux réquisitions, le verdict a déclaré coupable ce Saint-Vitois de 43 ans, condamné hier à dix ans de réclusion criminelle. La grande leçon de ce procès d'assises aura été le lien filial et ambivalent entre ce père et cette fille qui subsiste, le fil de la communication épistolaire qui n'a jamais été interrompu en prison. « Malgré les actes innommables, les effractions du corps, cet amour survivra, prédit la partie civile. Son père souhaiterait la revoir après le procès. Elle m'a dit que c'était trop tôt, mais elle ne lui ferme pas la porte ». L'attachement de la victime à l'auteur, un grand classique de ces affaires d'inceste, d'autant plus lorsque celle-ci se sent une forme de dette morale envers un père qui s'est retrouvé du jour au lendemain à élever ses quatre gamins. « Je suis responsable »

L'accusé a revendiqué ces deux jours porter lui seul la part de responsabilité. « Ce n'est pas ma fille qui est en tort, c'est moi. Si elle, comme ses frères et sœur, ont besoin de moi, je serais là », ses derniers mots qui arrachèrent des larmes à la victime. Conflit de loyauté chez la jeune fille et point d'honneur à dire la vérité, pour cet homme forgé à la religion mormone qui prône la préservation de la famille. « Cette enfant pleine de compassion nous a donné une belle leçon de courage », a souligné Me Catherine Joffroy, partie civile. Même si elle a regretté devoir taire certaines choses, elle a choisi de s'en tenir au rôle assigné par la victime, à savoir ne pas trahir sa parole : « Au-delà des faits commis, il y a surtout un sentiment fort, même si cet amour a été sali. Elle m'a demandé de lui dire qu'elle l'aime encore ». Elle évoquait une jeune fille souriante qui avait toujours donné le change en cachant son terrible secret. « Dix ans d'abus dont elle a peu parlé au procès par peur d'accabler son père ». Son petit frère qui acceptait de dormir avec elle, pour servir de rempart.

Et puis le soir de sa délivrance en 2007 où « cette enfant si soumise ose se révolter, lui résister. Son corps et son âme dans un élan de survie ont dit stop ». L'accusation mettait en garde le jury de céder à la facilité : « Nous ne sommes pas devant un conseil de famille avec une solution à trouver pour le bien de tous ». Et remettait en perspective l'importance de la sanction pénale pour un homme renvoyé devant la cour, coupable de crimes aggravés. « Dans du sordide »

Une tentation qu'elle jugeait entretenue par l'aveu de culpabilité, les mots feutrés du procès, les faits affleurés. « Il y a eu ces situations d'effraction du corps qu'il ne faut pas gommer ». L'avocat général Marie-Hélène Heyte revenait sur les viols perpétrés sous la contrainte, le chantage affectif, les menaces et la violence à la fin : « On est dans du sordide, pas du romantique ». Elle refusera de croire que cette famille vivait à ce point en vase clos. « Il était aidé. Mais il avait la certitude que cette relation perverse ne sortirait pas de la maison ».

L'expert psychologue résumait l'affaire : « La clé, c'est son impossibilité à faire la différence entre sa fille et sa compagne. Une femme de substitution. Il savait qu'il transgressait l'interdit. Ce père incestueux amoureux de sa fille a cédé à ses pulsions ». « Il s'est occupé de ses enfants, avec ses manques et ses insuffisances »

A la défense, Me Jean-Claude Dissès détrompait l'accusation. « Personne n'a songé au conseil de famille, ni à banaliser les actes commis ». Il rappellera le contexte incestueux intergénérationnel : « Cet homme est né dans ce marécage où la surface est calme en apparence, mais avec des ondes bouillonnantes en profondeur ». L'homme de robe ne veut pas céder au confort du postulat qui consiste à prétendre que « tout abusé abusera ». « C'est comme si individuellement, on ne pouvait arrêter cette chaîne morbide », fera valoir Me Dissès.

Pour lui, cet inceste commis en conscience « s'inscrit dans un certain nombre de carences éducatives, avec un père violent, une mère qui se prostitue », une véritable communauté grégaire réunie au foyer des grands-parents et l'accusé en guise de souffre-douleur : « Sa personnalité ne lui a permis pas de prendre de la distance. Il s'est occupé de ses enfants à sa manière avec ses insuffisances et ses manques ». Le psychologue a parlé, le matin, d'événements qui ont joué dans la construction de sa personnalité : un père maltraitant, une mère volage, ses faillites conjugales, le vide professionnel à l'exception du temps où il a aimé être ouvrier dans le milieu familial des forains. Me Dissès honorera le fait qu'il ait d'emblée révélé la vérité en garde à vue. « Il a fait déjà du chemin, mais il n'est pas allé au bout ». Dans ce souci de travail thérapeutique, l'avocat conseillera aux jurés de répondre « oui » aux questions sur la culpabilité et jugera le suivi sociojudiciaire, adapté à sa recherche personnelle.

source La Dépêche .fr

mardi, juillet 1 2008

Revue de presse du 1er juillet 2008

Moi, Romain, 34 ans, victime d'inceste par trois hommes de ma famille, raconte son calvaire.

Moi, Romain, 34 ans, victime d'inceste. J'ai décidé, aujourd'hui, de vous raconter mon calvaire.

Ma naissance: Je naquis en juillet 1973, dans l'ouest de la France, dernier d'une famille de quatre. Je vis le jour dans un couple qui se casse la figure. Je n'étais pas désiré, ni par l'un, ni par l'autre.

Mon enfance: Mes parents se sont séparés alors que j'avais 5 ans. Pour moi c'est l'hécatombe. 6 ans, les premiers abus, mes parents étaient naturistes, d'abord c'était des caresses sur la plage, mon père aimait me masser le dos et les fesses. Moi cela me derangeait pas, je pensais que c'était normal.

Le dimanche, c'était les repas de famille qui n'en finissaient pas. Un jour, nous sommes allés chez un oncle qui possédait une exploitation agricole, le père de mon géniteur était présent. Le repas s'est fini en fin d'apres midi, et le soir nous avons fait une soupe à l'oignon. J'aimais la soupe à l'oignon, aujourd'hui, je ne la digère plus. Donc le père de mon géniteur était là et on devait dormir chez cet oncle que je n'ai jamais aimé. Il n'y avait pas de lit pour moi, le seul endroit où je pouvais dormir c'était dans le lit de ce grand- père, que je trouvais très froid. Pendant la nuit, il s'est collé à moi et ma carressé le sexe. Je ne disais rien, j'étais pétrifié, et je pleurais en silence.

Vers 5 ans, je suis parti avec ma mere sur Paris, on a galeré de logement en logement, d'HLM en HLM. J'étais un enfant solitaire qui parlait pas ou très peu. Ma mère a essayé de m'intégrer chez les scouts, mais je n'aimais pas. Dans des "sports co", pareil j'aimais pas. Ce que j'aimais c'était m'enfermer dans mon monde imaginaire.

Pendant les vacances j'allais chez mon père, là-bas habitait ma grande soeur et un grand frère.

Quand nous sortions en famille, mon père avait honte de la façon dont je m'habillais et ordonnait à ma soeur de m'habiller, cela a duré jusqu'à l'âge de 14 ans environ. Malgré mes protestations, je me laissais faire. Le soir pour m'endormir, mon père venait me faire des câlins un peu spéciaux. Il aimait me carresser le torse et mon sexe. Quand je n'arrivais pas à dormir, j'allais le voir et il m'autorisait à dormir à ses côtés, et pendant que je dormais, il me carressait. Un jour, je me suis réveillé car je sentais un truc dur et chaud contre ma bouche, c'était son sexe. Cela fut le premier viol, suivi de tant d'autres, avec sodomie. Quand il me remettait dans mon lit, j'attendais qu'il ferme la porte de sa chambre et j'allais me frapper le pied avec un marteau, jusqu'à en avoir mal.

En dehors des vacances, je vivais chez ma mère, qui, inquiète de mes résultats scolaire et de l'état dans lequel je revenais de chaque période de vacances de chez ce père, m'envoya chez un pédo-psychiatre. Enfin quelqu'un à qui je pouvais parler de ce que je vivais chez mon père. En fin de consultation, il dit à ma mère "votre fils est très imaginatif, je pense qu'il serait bon qu'il aille habiter chez son père." Moi, j'étais effondré de la nouvelle. Je devais écrire à mon père pour aller habiter chez lui. Il a refusé une première fois. Moi j'étais heureux, ma mère était en colère. Je lui envoyais une seconde lettre alors que j'étais en internat et que j'adorais y être. A la seconde lettre, il a accepté, j'étais très en colere, ma mère heureuse.

Jusqu'à sa mort, mon père a profité de moi.

Mon ex-frère: F., second de la famille et premier des garçons, était un ado très dur, c'est à dire qu'il n'acceptait pas ses frères qui habitaient chez sa mère qui était partie sur Paris. Il montrait sa colère en me privant de ses jouets, m'engeulait, me frappait, me menaçait. Quand je faisais un château de sable, il aimait détruire ce que je faisais, je pleurais, j'étais très en colère, mon père ne disait rien. J'ai pris de la distance il y a deux ans. Mon ex-frère n'aime pas les gens qui sont pas à leur compte et qui n'ont pas de fric. Il n'aime pas celui qui se plaint tout le temps. Il aimait me frapper dans le ventre. Un jour, lorsque j'avais 14 ans environ, je prenais mon bain et je me suis lavé les cheveux. A un moment donné, j'ai senti un liquide chaud sur mon crâne, il était en train de m'uriner dessus. A partir de ce moment là, je me suis senti brisé en mille morceaux, il m'avait humilié, et lui il se marrait. Bref, je suis heureux de ne plus le voir.

Le plus beau jour de ma vie: C'était le jour du décès de mon géniteur, à 56 ans. Son père à lui était décédé quand j'avais 10 ans. Ce jour-là, je n'étais pas triste. Donc, le mois de mars 1990 fut un mois de libération. Lorsque que mon deuxieme frère m'annonce sa mort (celle de mon géniteur), ma première réaction fut de rire aux éclats, je me suis dit : "enfin libre !" La nuit de sa disparition, je suis allé dormir chez une tante. En descendant les escaliers, la premiere réaction que j'ai eu, fut :"ah j'ai super bien dormi". Après sa mort, mes résultats ont remonté et j'ai réussi à avoir le bac alors que de son vivant les profs se demandaient ce que j'allais devenir.

J'ai réussi à avoir un boulot, puis plusieurs, et à faire du theâtre pendant 15 ans, et du cirque pendant 7 ans. J'adorais être sur scène, faire le clown. J'étais enfin heureux.

Ma mère: Cette femme qui fut ma mère est née dans une famille de l'ouest de la France, son père était un homme très dur et sa mère une femme très fourbe. Donc cette mère qui, pendant des années m'a couvé et parlé de mon père en ne m'épargnant pas les détails de leur vie conjugale, cette femme qui pendant des années nous a dit qu'elle était heureuse d'avoir des enfants comme nous, mais en même temps nous disait que le boulot qu'elle faisait, elle ne l'aimait pas, cette femme m'a culpabilisé. A chaque fois que je faisais quelque chose, elle me disait "mais tu sais M., ton frère, il a fait ça et cela et c'est super", elle me mettait toujours en seconde position. Quand j'ai commencé à bosser, la première réaction fut, "être surveillant n'est pas un vrai métier", alors je me suis aventuré dans l'interim, j'aimais pas trop, je voulais à tout prix être indépendant financièrement. Bref, jusqu'au jour où j'ai rencontré ma moitié, j'ai pris de plus en plus de distance, et, finalement j'ai coupé les ponts, je l'appelle de temps en temps mais c'est rare.

Aujourd'hui: J'essaie de me reconstruire, de me stabiliser dans un boulot, de ne pas avoir peur des gens qui m'aiment. Je suis détruit, mais j'y crois, je sais que j'ai droit au bonheur. Je ne vois plus ma famille.... Bref, je me reconstruis en montant mon association d'aide aux victimes. Parce que l'inceste, cela n'arrive pas qu'aux autres. 1 femme sur 3 et 1 homme sur 5 à été victime d'inceste.

Voici le site d'aide aux victimes : http://cfvi.fr

Merci de m'avoir lu
Amicalement
Romain
http://www.lepost.fr/article/2008/06/30/1216317_moi-romain-34-ans-victime-d-inceste-par-trois-hommes-de-ma-famille-raconte-son-calvaire.html

Nouvelle condamnation de la France par la CEDH pour violation de l'équité de la procédure

L'article 6 § 3 a) et b) de la Convention EDH prévoit que toute personne a le droit d'être informée d'une manière détaillée de la nature et de la cause de l'accusation portée contre elle, et doit disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense. Viole ce principe, la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit, effectuée au moment du délibéré de la cour d'appel.

> CEDH, 19 décembre 2006, Mattei c/ France, n° 34043

Commentaire :

Dans cette espèce, la requérante avait été condamnée en première instance pour tentative d'extorsion de fonds en relation avec une entreprise terroriste. Saisie d'un appel interjeté par cette dernière, la cour d'appel considéra, lors de son délibéré, que les faits visés à la prévention constituaient en réalité une complicité d'extorsion de fonds par aide ou assistance. La requérante se pourvut en cassation en invoquant la violation de l'article 6 § 3 a) et b) de la Convention EDH. Elle exposait que cour d'appel ne lui avait pas laissé la possibilité de présenter sa défense sur la qualification de complicité. La Cour de cassation rejeta son pourvoi en soulignant que « la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit n'a en rien modifié la nature et la substance de la prévention ». A la suite de cette décision, la requérante a saisi la CEDH en arguant de la méconnaissance « de l'équité de la procédure en ce qu'elle n'aurait pas pu discuter contradictoirement le bien-fondé de l'accusation pénale dirigée contre elle et présenter sa défense sur la nouvelle qualification retenue par la Cour d'appel ».

A l'appui de sa démonstration, la requérante invoquait la jurisprudence de la CEDH dégagée lors de l'arrêt Pélissier et Sassi c. France du 25 mars 1999 (Rec. 1999-II, et 52, D. 2000. 357, note D. Roets ; RTDH 2000. 281, obs. Flécheux et Massis). En effet, selon l'arrêt Pélissier, la Cour « reconnaît à l'accusé le droit d'être informé non seulement de la cause de l'accusation, c'est-à-dire des faits matériels qui sont mis à sa charge et sur lesquels se fonde l'accusation, mais aussi de la qualification juridique donnée à ces faits et ce d'une manière détaillée ». La qualification exacte retenue par les juridictions doit donc être connue de la personne poursuivie. Cette exigence est envisagée par la CEDH « à la lumière du droit de l'accusé de préparer sa défense ». L'exercice des droits de la défense est nécessairement conditionné par une information complète sur la qualification juridique des faits. En outre, la Cour de cassation a tiré les enseignements de la jurisprudence Pélissier et mentionne, depuis 2001, « que s'il appartient aux juges répressifs de restituer aux faits dont ils sont saisis leur véritable qualification, c'est à la condition que le prévenu ait été mis en mesure de se défendre sur la nouvelle qualification envisagée ». (Cass. crim., 16 mai 2001, Bull. crim. n° 128 ; D. 2002. 31, note Lapérou-Scheneider ; Dr. pénal 2001. 109, obs. Maron ; Gaz. Pal. 2002. 2. Somm. 1200, obs. Monnet ; RSC 2001. 821, obs. Renucci ; pour les autres exemples de jurisprudence, V. les notes sous l'article 111-4 du Code pénal Dalloz).

En l'espèce, la prévenue s'appuyait sur cette conception de l'équité dans la procédure pour contester sa condamnation. Elle soulignait que la requalification ayant eu lieu lors du délibéré de la cour d'appel, elle n'avait pas eu connaissance de cette dernière qualification. Or, ses moyens de défense auraient été différents si elle avait été informée qu'elle n'était plus poursuivie pour le délit d'extorsion de fonds, mais pour la complicité de ce délit. Le gouvernement français contestait cet argument en précisant que la requalification était « purement formelle ». Dès lors, les moyens de défense de la requérante n'auraient pas été différents de ceux choisis pour contester le délit. Les juges français n'avaient fait qu'exercer leur droit de requalification sans rien ajouter aux faits et la prévenue ne pouvait se prévaloir d'aucun préjudice.

La CEDH, dans son arrêt en date du 19 décembre 2006, donne raison à la requérante et déclare que l'article 6 de la Convention EDH a bien été violé par les juridictions françaises. Elle constate que la requérante n'avait pas eu connaissance de la possibilité de requalification des faits en complicité de tentative d'extorsion de fonds, ce qui a engendré des répercussions sur sa défense. En effet, comme le rappelle la CEDH « on ne peut soutenir que la complicité ne constitue qu'un simple degré de participation à l'infraction ». Eu égard au principe de l'interprétation stricte du droit pénal, la Cour « ne saurait admettre que les éléments spécifiques de la complicité soient éludés ». Par conséquent, la CEDH en conclue « qu'elle n'a pas à apprécier le bien-fondé des moyens de défense que la requérante aurait pu invoquer si elle avait eu la possibilité de débattre de la complicité de tentative d'extorsion de fonds, mais relève simplement qu'il est plausible de soutenir que ces moyens auraient été différents de ceux choisis afin de contester l'action principale ».

A l'occasion de cet arrêt, la CEDH veille une nouvelle fois au respect des droits de la défense, dont l'exercice dépend d'une parfaite connaissance de la qualification retenue par les juridictions nationales.

A. Darsonville
http://osezdire.actifforum.com/france-f29/condamnation-de-la-france-par-la-cedh-t538.htm

samedi, juin 28 2008

Revue de presse du 28 juin 2008

Deux fillettes et un garçon violés dans leur famille d'accueil

Itteville (Essonne)

UN PERE de famille de 46 ans, a été mis en examen hier pour viols et agressions sexuelles sur mineurs et placé en mandat de dépôt à Fleury-Mérogis. Son fils, âgé de 21 ans, a été laissé en liberté mais placé sous contrôle judiciaire. L'enquête a été confiée à la sûreté départementale de l'Essonne.

De 2002 à 2006, le père et le fils sont soupçonnés d'avoir abusé sexuellement de deux fillettes et d'un garçon, de 7 et 8 ans, qui étaient placés chez eux, en famille d'accueil. Ces enfants avaient été retirés de leur famille, leurs parents étant incarcérés pour des faits d'inceste.

La famille, décrite par certains éducateurs comme « la meilleure famille d'accueil de l'Essonne », selon une source proche de l'enquête, vivait dans un pavillon cossu d'Itteville, petite commune de 5 000 habitants au sud d'Evry. La mère, agréée par les services sociaux depuis 1997, et qui élève ses trois propres enfants - à l'époque des faits âgés de 15 à 19 ans - accueillait dans son foyer des enfants en difficulté.

En 2004, le père de famille, chef de chantier et par ailleurs propriétaire de nombreux appartements, avait été mis en examen pour « dégradations de biens privés par incendie ». Puis il est poursuivi en juillet 2006, pour l'agression sexuelle d'un enfant du village. C'est à cette époque que, prétextant une dépression nerveuse, son épouse avait mis un terme à son activité de famille d'accueil.

Le père nie les accusations

L'enquête a permis de déterminer que les agressions se seraient déroulées en l'absence de la mère au domicile. Le père et son fils auraient agi séparément, chacun ignorant les méfaits commis par l'autre. Par ailleurs, en janvier 2007, le fils avait été mis en examen pour « violences volontaires avec armes ».

Entendu dans le cadre de la garde à vue depuis mardi, le père de famille a nié tous les faits reprochés. Le fils, lui, ne reconnaît qu'une partie des agressions. Quant à la mère, elle aurait demandé le divorce. Elle pourrait être poursuivie par le parquet. Les trois victimes mineures ont été placées dans une autre famille d'accueil et dans une association.

Céline Carez
http://www.leparisien.fr/home/info/faitsdivers/articles/DEUX-FILLETTES-ET-UN-GARCON-VIOLES-DANS-LEUR-FAMILLE-D-ACCUEIL_298592302

Roumanie: une commission autorise l'avortement d'une fillette de 11 ans violée

BUCAREST — Une commission gouvernementale en Roumanie a autorisé jeudi l'avortement tardif d'une fillette de 11 ans victime d'un viol, une décision à l'encontre de ce que souhaitaient plusieurs groupes religieux.

Une vingtaine de groupes de militants chrétiens orthodoxes opposés à l'avortement ont menacé d'engager des poursuites judiciaires si la petite fille était autorisée à interrompre sa grossesse en Roumanie à titre exceptionnel, le délai légal de 14 semaines étant dépassé.

L'Eglise orthodoxe, majoritaire en Roumanie, estime en revanche qu'en raison d'"une situation exceptionnelle devant être traitée d'une manière exceptionnelle", la décision doit revenir à la famille, explique son porte-parole Constantin Stoica.

Les parents de l'enfant, enceinte de 21 semaines, souhaitaient se rendre en Grande-Bretagne où l'opération aurait été légale à ce stade de la grossesse.

La commission d'experts et de dirigeants mise en place pour trouver une issue à la polémique a accepté jeudi de laisser l'enfant subir une interruption de grossesse en Roumanie.

"Nous parlons des (...) droits de cette enfant qui a été victime d'un viol et d'inceste", a souligné Theodora Bertzi, une représentante du ministère du Travail siégeant dans la commission.

Les parents de la fillette disent avoir découvert sa grossesse le 2 juin lorsqu'ils l'ont emmenée chez le médecin parce qu'elle semblait souffrante. Elle a déclaré avoir été violée par son oncle, âgé de 19 ans, qui a depuis disparu.

http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5iwX-Z-GYL3IWG9Rubm24cj4ZogbQ

Violence. Mardi soir, un inconnu armé d'un couteau a fait irruption dans une résidence hôtelière. Une étudiante brésilienne violée dans sa chambre d'hôtel

Une jeune fille de 23 ans, ressortissante brésilienne, effectuant un bref séjour à Toulouse, a déposé plainte pour « viol » au commissariat central. Mardi vers 19 heures, un inconnu armé d'un couteau aurait frappé à la porte de cette étudiante qui occupait une chambre dans une résidence hôtelière, vers la Cépière. L'homme aurait alors poussé la présumée victime dans l'appartement avant de la contraindre sous la menace de l'arme blanche à des relations sexuelles. L'agresseur serait alors reparti laissant la victime en état de choc. La jeune fille qui, selon ses déclarations, venait de Paris, a été entendue par les policiers de la brigade criminelle de la sûreté départementale. Mais les investigations s'annoncent délicates car la victime ne parle que très peu le français. Les personnes présentes au moment des faits supposés dans cette résidence disent n'avoir entendu aucun bruit. Hier, la direction de cet établissement ouvert depuis 3 ans et qui compte plus de 200 appartements, n'a pas souhaité faire de commentaires. La semaine dernière, dans la nuit de jeudi à vendredi, une jeune femme de 20 ans, originaire de Revel, a été victime d'un viol en pleine rue. Alors qu'elle se dirigeait à pied vers la gare routière elle aurait été accostée par un homme d'environ 25 ans. Cet inconnu aurait sorti son couteau avant d'exiger une relation sexuelle.

Publié le 26 Juin 2008 à 09h34 | Auteur : F.Ab
http://www.ladepeche.fr/article/2008/06/26/461437-Une-etudiante-bresilienne-violee-dans-sa-chambre-d-hotel.html

Gaillac. La parole aux victimes de l'inceste


Claudia Robert a ouvert, en septembre dernier à Gaillac, un groupe de parole pour des victimes de l'inceste et pour leurs proches. Chaque troisième vendredi du mois, une douzaine de personnes ont tant bien que mal soulevé cette chape de plomb qui pèse sur le non-dit des abus sexuels commis dans le cercle familial.

Claudia vient d'abandonner ses fonctions de représentante locale de l'AIVI (Association Internationale des Victimes de l'Inceste) pour créer une association locale, baptisée « Les mots de Bulle ».

« Je souhaite continuer le combat, ici dans le Tarn et en Midi-Pyrénées » insiste Claudia. « Au cours de mes différentes rencontres tant avec les victimes qu'avec les professionnels, j'ai constaté le manque cruel de structures d'aide et de soutien dans notre département concernant les adultes abusés sexuellement dans leur enfance, notamment dans des cas d'inceste. Ces adultes se retrouvent trop souvent désemparés. Tous n'ont pas la force ou le courage de participer aux groupes mais pour ceux qui y parviennent, c'est avec un immense bonheur que nous avons contribué à les aider à se relever, à retrouver un peu de dignité. »

Claudia présente « Les mots de Bulle » comme une association d'échange, de partage et de libre expression. Au-delà des groupes de parole, elle proposera des séances d'expression corporelle, de dessins, etc.

Rappelons ces chiffres : 20 % des femmes et 7 % des hommes subissent une agression sexuelle avant l'âge de 18 ans ; dans 70 à 85 % des cas d'abus sexuel commis sur mineur, l'agresseur est connu de la victime.

L'histoire de Bulle dont se réfère l'association e st celle d'une fillette de 4 ans qui « découvrit, jour après jour, les premiers pas de son oncle sur son corps ». Elle réalisa que « son corps était la clé qui ouvrait la porte de cet autre monde et que personne ne pourrait conjurer le sort. » Puis un jour, Bulle comprit que « si elle avait été la clé qui ouvrait la face noire du monde, alors, elle pouvait ouvrir aussi la porte de la lumière. »

Depuis Bulle remet la clé dans la porte pour tendre la main dans l'espoir de ramener d'autres petites filles dans la lumière.

Contacts : » Les mots de Bulle », Les Mondinets 81 630 Salvagnac.- claudiarobert81@aol.com

Permanence au 06 32 91 84 68, le mardi de 9h à 11h et de 14h à 16h.

Publié le 24 Juin 2008 à 12h27 | Auteur : H.B

http://www.ladepeche.fr/article/2008/06/24/461117-Gaillac-La-parole-aux-victimes-de-l-inceste.html



Une femme sur dix victime d'agression sexuelle


L'Institut national d'études démographiques (Ined) analyse la montée des violences sexuelles déclarées. Pendant longtemps, elles se sont tues. Comme si rien ne s'était produit. Jusqu'en 2000, les femmes de plus de 50 ans confessaient rarement un viol. Depuis, le tabou s'est fissuré. Les quinqua commencent à raconter, tandis que les jeunes se confient plus aisément. La vaste enquête sur les conduites sexuelles conduites auprès de 12 000 personnes en 2006, et dont l'Ined publie vendredi une analyse, enregistre ce changement et voit doubler le nombre de déclarations d'agressions.

Quand les femmes parlent, les chiffres sont vertigineux. Sur 100 femmes françaises de 18 à 69 ans, 7 ont été bel et bien violées. Encore 9 autres ont été victimes d'une tentative d'agression sexuelle. Pour la première fois, les hommes ont été entendus et 5 % d'entre eux ont raconté des agressions sexuelles, tandis que 1,5 % a été contraint à des rapports sexuels.

Ces nouvelles données sur les violences sexuelles relèvent encore du confessionnal. La police, elle ne sait presque rien de ces vies abîmées. Entre 50 000 et 120 000 femmes auraient subi un rapport sexuel imposé ou une tentative au cours des douze derniers mois de l'enquête. Pourtant, 9 993 plaintes seulement ont été déposées sur cette période, soit 10 %. Jusque dans les années 1990, le nombre de plaintes allait croissant, avant de se stabiliser autour de 10 000. Un chiffre bien en deçà de ce phénomène qui touche, selon l'Ined, tous les milieux sociaux.

Agressions homophobes

La plupart des agressions sexuelles se produisent au cours de l'enfance, avant 18 ans (pour 59 % des femmes et 67 % des hommes). Quelque 12,9 % des femmes et 4,1 % des hommes rapportent des attouchements, souvent survenus avant l'âge de 11 ans. En général suivis d'une tentative de viol. Si l'agresseur inconnu cristallise les craintes, c'est, dans la plupart des cas, un homme identifié qui passe à l'acte, à la maison ou dans sa voiture, de jour. À l'enfance, c'est souvent un adulte de l'entourage . La moitié des femmes de plus de 50 ans agressées racontent leur viol chronique par un proche. Elles sont 30 % à dénoncer ces abus à répétition. Parmi les jeunes générations, «elles réagissent et racontent tout de suite, ce qui permet, semble-t-il, de sortir de son emprise», explique Michel Bozon, chercheur à l'Ined et spécialiste de la sexualité. Chez les femmes de 18 à 24 ans, 71 % des femmes en ont parlé, «ce qui semble bien indiquer une modification de la sensibilité sans doute liée aux campagnes d'information».

En revanche, seulement 44 % des hommes de 18 à 34 ans victimes d'un acte de violence sexuelle ont pu le dire, soulignant combien il leur est difficile de faire reconnaître «des actes commis dans l'immense majorité des cas par des hommes (73 %)», explique le démographe dans son «enquête sur la sexualité» (La Découverte).

L'étude pointe une figure que l'on n'attendait pas : celle du mari, conjoint, petit ami, responsables de 34 % des viols déclarés en 2006. Devant les familiers (21 %), les personnes connues (25 %) et les inconnus (19 %). Cette situation reste délicate à appréhender. Le droit stipule le viol dès lors qu'il y a rupture de consentement. Mais la victime elle-même n'ose guère déclarer ces violences. Certaines agressions se produisent aussi dans le monde du travail.

L'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail évoque du harcèlement, des attouchements, mais aussi des viols. Enfin, l'enquête révèle une corrélation qui ne manquera pas de faire polémique. «Les personnes qui ont des partenaires du même sexe déclarent trois fois plus de rapports forcés ou de tentatives que les hétérosexuels », résume Michel Bozon. «Ces agressions relèvent peut-être d'une forme d'homophobie», avance le chercheur. Mais l'homosexualité pourrait aussi s'installer sur ce traumatisme. Des enquêtes complémentaires devraient éclairer ce sujet.

Cécilia Gabizon
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/05/30/01016-20080530ARTFIG00304-une-femme-sur-dix-victime-d-agression-sexuelle-.php?mmtgglcnt=1&ppcseid=3917&mmtcmp=13114099&mmtctg=677442619

jeudi, juin 12 2008

Revue de presse du 12 juin 2008

Enfant violé à Marseille: "J'ai attrapé le vieux, je l'ai collé au mur et lui ai dit 'Tu fais quoi là'?"

Par La rédaction du Post , le 10/06/2008

Info Le Post. Sur Le Post, le jeune marseillais qui a maîtrisé le pédophile, dimanche, à Marseille, raconte la scène. L'agresseur est en examen.

Un enfant de huit ans a été enlevé et violé dimanche après-midi dans la cité Félix Pyat, dans les quartiers Nord de Marseille.

Son agresseur a été interpellé dans la foulée, grâce à deux jeunes, qui l'ont surpris et ceinturé en attendant l'arrivée de la police.

Riadh Sekkiou, 22 ans, sans emploi et père de 3 enfants, est l'un d'eux. Il raconte au Post.

Comment ça s'est passé? "Dimanche, à 17h45 précisément, je rentrais vite chez moi me changer avant d'aller au foot. J'étais en moto, avec un collègue à l'arrière."

Par où êtes-vous passé? "Comme j'étais pressé, j'ai pris un petit raccourci; vers Saint-Gabriel, en bas du cimetière du Canet, dans le 14ème. C'est un chemin de terre, avec des buissons. On peut le prendre qu'à pied ou à moto. C'est un coin perdu, personne n'y passe."

Qu'avez-vous vu? "Là, je vois une mobylette à l'arrêt sur le chemin, près d'un petit virage. Je ralentis pour prendre le virage, et là, qu'est-ce que je vois? Un petit garçon qui fait une fellation à un vieux!"

Comment avez-vous réagi? "J'ai lâché ma moto et j'ai bondi sur le gars. Je l'ai poussé du petit et je lui ai dit: 'Qu'est-ce que t'es en train de faire?' Il m'a répondu qu'il faisait pipi. Je lui ai demandé s'il me prenait pour un con. Il m'a dit: 'Tu vas pas me balancer, hein? On va s'arranger! Tu veux de l'argent?'"

Qu'avez-vous fait? "Comme il était en train de mettre son casque comme pour s'enfuir, et que j'avais peur qu'il me mette un coup de casque, je lui ai enlevé le casque et je l'ai jeté par terre. Je l'ai collé au mur et mon collègue l'a surveillé."

Et le petit? "Je l'ai rassuré. Je lui ai dit: 'T'inquiètes pas, j'suis comme un grand frère, n'aies pas peur, c'est fini.' Il était tout stressé, choqué, bizarre. Il parlait pas. Je lui demandé ce qu'il s'était passé. Il m'a répondu que le vieux lui avait fait une fellation et lui avait demandé de lui faire pareil après, "pour jouer." Ça m'a fendu le coeur."

Et? "Ben le vieux, là, il voulait toujours qu'on s'arrange. Il m'a dit "Tu vas pas appeler la police quand même?"Alors je lui ai dit: "Bouge pas, on va s'arranger, ok." Je lui ai dit que j'allais pas appeler la police et je suis vite parti chercher un téléphone, car j'en avais pas sur moi!"

Vous avez trouvé rapidement? "Oui, en 5 minutes, d'un coup de moto. J'ai pris celui de mon oncle au snack un peu plus loin. Pendant ce temps, mon collègue surveillait le vieux et restait avec le petit."

Ils n'avaient pas bougé? "Non. Une fois sur place, j'ai appelé les flics. Ils m'ont dit: 'Bouge pas! T'es où? On arrive. Et voilà.'"

Que pensez-vous de tout ça aujourd'hui? "Dans un sens je suis content, car je me dis que ce gars va pas continuer à faire ça tous les jours. Dans un autre, je suis trop triste pour le petit, qui va être marqué toute sa vie. Je suis père de famille moi aussi."

L'homme de 54 ans, déjà condamné pour agressions sexuelles sur mineurs, a reconnu avoir violé l'enfant. Il a été mis en examen mardi pour enlèvement et viol.

(sources: Le Post, AFP)

http://www.lepost.fr/article/2008/06/10/1205877_enfant-de-8-ans-viole-a-marseille-j-ai-attrape-le-vieux-je-l-ai-colle-au-mur-et-lui-ai-dit-tu-fais-quoi-la.html#xtor=EPR-2211_1010173_ANdu%2BFcAAXpvSFAntwoah2%2FFRVw,1_1009447_AOBu%2BFcAAAmLSFAZ%2BgPSt2hJ0KQ,

samedi, juin 7 2008

Revue de presse du 07 juin 2008

Une mère coupable d'inceste sur son fils de 10 ans

Une peine de trois ans de prison est réclamée contre une mère reconnu coupable d'inceste sur son fils de 10 ans. La jurisprudence est peu volumineuse dans les causes d'inceste commis par une femme.

La procureure de la poursuite appuie sa demande sur une décision récente condamnant une mère à un an de prison pour un toucher au pénis de son fils. Me Valérie Lahaie est donc d'avis qu'une relation sexuelle complète avec un enfant vaut trois ans de pénitencier.

La défense plaide pour sa part pour une peine à purger dans la collectivité, compte tenu des troubles de personnalité dont souffre l'accusée. Me Fernando Noël en a surpris plusieurs en affirmant que sa cliente de 35 ans avait agi ainsi pour punir son fils.

La victime serait née à la suite du viol collectif de sa mère. Ce serait donc par vengeance, pour les troubles que l'enfant occasionne à sa mère, que cette dernière aurait commis l'inceste. «Il s'agit d'un geste éducatif, maladroit et illégal», a déclaré Me Noël.

La défense demande à la juge Hélène Bouillon de donner une chance à sa cliente. Compte tenu des problèmes psychologiques de l'accusée, une peine dans la collectivité lui permettrait de se faire traiter. La juge réfléchira jusqu'au 31 octobre sur la peine appropriée.

Guy Benjamin. Le Soleil. Québec
Lien : http://www.cyberpresse.ca/article/20080606/CPSOLEIL/80606168/5019/CPSOLEIL

La détention provisoire du père incestueux d'Amstetten prolongée

La détention provisoire de Josef Fritzl, le père incestueux autrichien qui a avoué le 28 avril avoir séquestré et violé sa fille pendant 24 ans à Amstetten, a été prolongée vendredi de deux mois, a annoncé le porte-parole du tribunal régional de Sankt Pölten.

«Les raisons de le maintenir en détention provisoire sont toujours valables», a indiqué le porte-parole Franz Cutka en précisant que cette détention provisoire a été prolongée de deux mois après examen par le juge chargé du dossier.

Josef Fritzl, âgé de 73 ans, avait été placé en détention provisoire le 29 avril dernier après avoir reconnu avoir séquestré sa fille pendant 24 ans dans la cave de sa maison où il l'a violée régulièrement. Sept enfants sont nés de ces relations imposées et l'un d'eux, un jumeau, est mort peu après la naissance. Josef Fritzl a avoué avoir brûlé son corps dans la chaudière de l'immeuble.

En Autriche un suspect peut être gardé en détention provisoire pendant près de deux ans, délai maximum pour l'ouverture d'un procès.

Les victimes de cette affaire de séquestration et d'inceste hautement médiatisée fin avril et début mai, sont toujours soignées dans une unité isolée de la clinique psychiatrique à Amstetten, à une centaine de km à l'ouest de Vienne. Leur état ne permet pas encore une audition par la police.

Quant au suspect, il «reste calme et ne pose pas de problèmes», selon le directeur de la prison de Sankt Pölten, Günther Mörwald. Josef Fritzl partage sa cellule avec un autre détenu mais est isolé, pour des raisons de sécurité, des autres prisonniers, a encore indiqué M. Mörwald en ajoutant que cela devrait être le cas jusqu'au procès, pour lequel aucune date n'a encore été évoquée.

Agence France-Presse. Vienne
Lien : http://www.cyberpresse.ca/article/20080606/CPMONDE/80606012/1014/CPMONDE

Le père incestueux condamné à 10 ans de prison

Reconnu coupable de viols répétés sur sa fille mineure, ce Morbihannais de 53 ans a été condamné à dix ans de réclusion par la cour d'assises. Son enfance, son adolescence et sa jeunesse ont été brisées par les violences sexuelles que son propre père lui a imposées jusqu'à l'âge de 14 ans. Elle a longtemps gardé secrète cette terrible plaie, ne l'évoquant que par bribes lors de crises ou de lourdes dépressions. Jusqu'à ce qu'un médecin lui conseille de se rendre à la gendarmerie de Pontivy pour y déposer plainte.

L'expert psychiatre qui l'a examinée dans le cadre de l'instruction a vu « une jeune femme, aujourd'hui âgée de 30 ans, en grande souffrance, dont l'évolution affective, sociale et professionnelle est la conséquence probable d'un état traumatique lié à des atteintes sexuelles ».

Durant deux jours, la cour d'assises du Morbihan, présidée par Patricia Grange-Pittel, s'est penchée sur cette pénible affaire d'inceste. L'audience ne s'est pas tenue à huis clos, à la demande même de la victime. « Parce que ma cliente voulait que les gens sachent ce qu'elle a pu endurer », explique Me Claudine Wagner. Selon l'accusation, la petite n'avait guère 4 ans lorsqu'elle a subi le premier viol par un père violent et alcoolique qui lui offrait quelques friandises ou plus tard un billet de 100 F pour prix de son silence. Et lorsque ces « cadeaux » ne suffisaient pas, venait la menacer de « tuer ta mère ».

Hier soir, au terme de trois heures de délibération, les jurés ont reconnu le père coupable de viols par ascendant légitime. Des faits qui se sont successivement déroulés à Groix, Plouay et Ploërdut entre août 1983 et août 1993. L'avocat général Cantero avait requis une peine comprise entre 12 et 15 ans de réclusion criminelle. La cour a retenu 10 ans et ordonné un mandat de dépôt à l'audience. La cour d'assises devait examiner aujourd'hui jeudi et demain vendredi une autre affaire de viol. L'audience est annulée, la victime n'étant médicalement pas en mesure d'assister au procès. La session reprend lundi pour l'examen de deux autres dossiers de viols.

Jean-Laurent BRAS. Ouest-France
Lien : http://www.redon.maville.com/Le-pere-incestueux-condamne-a-10-ans-de-prison-/re/actudet/actu_12-641921--_actu.html

Judiciaire : “Un instinct de bête”

Un Lyonnais de 43 ans vient de mourir discrètement à la prison Saint-Paul. Il avait violé ses quatre filles pendant près de 8 ans.

“Mon père venait tous les soirs dans notre chambre pour nous toucher entre les jambes. La première fois dont je me souviens, j’avais 7 ans. Moi, ça m’a jamais paru bizarre. Je croyais que ça se faisait dans toutes les familles.” C’est ce qu’a avoué le 22 janvier dernier, Anne, 14 ans, aux gendarmes de la brigade lyonnaise spécialisée dans la protection des mineurs, qui l’interrogeaient pour savoir ce que lui avait fait subir son père. Des enquêteurs qui vont aller de surprise en surprise. Car la jeune fille va leur révéler qu’il abusait aussi de ses deux sœurs. Mais cette adolescente a mis plusieurs années à comprendre qu’elle était bien une victime. Tout commence au début des années 80. André qui a 18 ans vit encore à la Réunion où il est né en 1964 dans une famille de sept enfants. Après avoir arrêté l’école à 16 ans et décroché un CAP hôtellerie, il est vendeur dans une quincaillerie. Au cours d’une fête d’anniversaire, il séduit Monique, la petite sœur d’une de ses amies âgée de 13 ans seulement. “J’ai toujours été attiré par les gamines, leur petit sourire, leur peau douce...”, avouera-t-il plus tard aux enquêteurs en précisant qu’il lui arrivait même d’éjaculer dans la rue en voyant une petite fille. A l’époque, ses parents découvrent cette relation et lui interdise de revoir la jeune fille. Mais deux ans plus, tard, il la retrouve et il lui fait un enfant. La mère de Monique veut porter plainte pour détournement de mineur. Mais André et ses parents la persuadent de la laisser vivre chez eux. A 15 ans, Monique va se retrouver à faire le ménage pour la famille de son mari. Puis ils vont avoir leur propre maison. Ils auront alors six enfants. Deux garçons tout d’abord. Mais André répète à sa femme qu’il “veut des filles”. Suivront deux jumelles, Anne et Sophie, puis une troisième fille Sandra. Et un dernier petit garçon. Mais régulièrement, il va imposer des relations sexuelles violentes à sa femme. Un soir, il va même rentrer ivre mort avec un copain qui est le parrain de son fils aîné, et il va forcer sa femme à coucher avec lui. Une épouse qu’il trompe régulièrement. Et ce pervers va alors imposer des premières relations incestueuses avec ses filles qui sont encore à l’école primaire. Il commence la nuit, quand sa femme s’est endormie. Il se lève discrètement et il entre dans la chambre où dorment ses deux jumelles qui n’ont alors que 7 ans, pour glisser sa main sous leurs couettes.

“Je vous cramerai tous !” Mais en 2004, André est licencié. Il décide de déménager en France. C’est Lyon qu’il choisit car il a déjà de la famille dans la région. Sa femme et ses six enfants le rejoignent rapidement. Il vont s’installer dans un petit appartement à Corbas. Un déménagement qui ne va rien changer. Au contraire. Un soir, alors que sa femme qui est serveuse dans un bar est parti travailler, et que ses trois filles sont dans le salon devant la télé, il prend Anne dans ses bras et la monte dans sa chambre. “Elle va faire dodo avec papa”, annonce-t-il à ses autres filles. Là, il va alors l’allonger dans son lit et la déshabiller. Il la caresse. Puis il la force à le masturber et à lui faire une fellation. Un traitement qu’il va lui imposer deux à trois fois par semaine. Jusqu’à ce qu’il lui impose des relations sexuelles. Il lui explique que c’est normal, qu’il s’occupe de sa “choupette”. Anne pleure, lui explique que ça lui fait mal mais il continue. Un jour, elle se réfugie sous un lit mais il l’en extirpe. Et elle va rapidement réaliser qu’il fait subir la même chose à sa soeur jumelle. “Ça durait 10 minutes. Quand il avait fini, il criait comme s’il avait gagné l’euro-million.” Même la petite dernière, Sandra, ne lui échappe pas. Un soir alors qu’elle est restée seule avec lui, il se connecte sur un site porno, l’attire sur ses genoux, puis il lui impose de s’habiller avec les sous-vêtements de sa femme pour danser en se livrant à un strip-tease. Une scène qui là encore se répétera plusieurs fois. Il va même prendre l’habitude de la coincer dans la buanderie pour un “câlin”. En fait chaque fois il exige une fellation. Est-ce que sa femme est au courant de ses viols ? Elle-même affirme avoir tout ignoré jusqu’au dernier moment. Son fils aîné aussi. Monique explique simplement à ses enfants que son père “avait l’esprit mauvais” et qu’il ne fallait surtout pas lui résister. Car André terrorise toute sa famille. Les disputes avec sa femme se terminent souvent par des gifles. “C’est quelqu’un avec qui on ne peut pas discuter”, répétait-elle à ses amies. En avril 2007, il va la frapper au point de lui enfoncer deux côtes. Elle va alors se décider à porter plainte. Ce qui lui vaudra d’être condamné à 4 mois de prison avec sursis. Mais elle n’en profite pas pour le dénoncer. Dans ce huis clos familial, personne n’ose parler. En janvier 2008, alors qu’André abuse de ses trois filles depuis 8 ans, Anne, sa première victime, va craquer. Un jour, alors qu’elle suit un cours d’éducation sexuelle au collège, elle comprend que tout ce que lui fait subir son père n’est pas normal. Elle se confie d’abord à sa mère qui trouve enfin le courage de mettre son mari à la porte. Celui-ci va chez un cousin à Valence. Puis il va dormir dans la caravane qu’il a installé dans un camping de Neuville-sur-Saône pour emmener ses enfants en vacances. Mais il se ravise. Et il revient dans leur petit appartement familial de Corbas en expliquant à sa femme qu’il a le droit de vivre ici car le bail est à son nom. Et il la menace. “Si vous dites ce que j’ai fait avec vous, je vous cramerai tous !” Sa femme en parle quand même à sa belle-soeur. Mais celle-ci arrive à la convaincre de ne rien dire à la police “pour ne pas faire honte à sa famille”.

"Malade du sexe" Et c’est encore Anne qui va briser la loi du silence. Elle se confie d’abord à une psychologue scolaire. Sans donner de détails, en parlant simplement des attouchements sexuels que lui impose un proche. Mais cette professionnelle qui comprend tout, lui explique qu’elle est obligée d’alerter le procureur. Anne s’y oppose, demande à réfléchir. Mais le soir-même, elle se réfugie chez son petit ami à qui elle a déjà tout raconté. Et elle va accepter ce jour-là de tout raconter à la mère de son copain qui l’accompagne le lendemain matin à la gendarmerie de Bron. L’après-midi même, les gendarmes débarquent chez André qui est aussitôt placé en garde à vue. Et il passe aux aveux. Sans résister. Froidement, il raconte en détail le calvaire qu’il a fait subir à toute sa famille. Mais il révèle aussi qu’il a imposé le même calvaire à deux de ses nièces ainsi qu’à une de leurs amies. “Je suis un malade du sexe. Il m’arrive d’avoir un instinct de bête” avouera ce pervers aux gendarmes sans même se chercher des excuses : “C’était juste pour me vider. Quand je faisais ça, je ne voyais pas mes filles mais de la chair.” Et pour lui, “c’était devenu automatique, comme la cigarette”. Les gendarmes qui l’interrogent, insistent en lui demandant s’il est bien conscient de ce qu’il leur déclare. “Oui”, confirme André en ajoutant “je suis content que mes filles aient eu le courage de porter plainte contre moi”. Inculpé de viol, inceste et viol en réunion, il sera incarcéré. Une des plus graves affaires de pédophilie jamais découverte dans la région. André aurait dû être jugé à l’automne par la cour d’Assises de Lyon et il risquait 20 ans. Mais fin mars, à 43 ans, il est mort d’une crise cardiaque à la prison Saint Paul. Et il a été enterré à la Réunion, entouré de toute sa famille.

http://www.lyonmag.com/article/7951/Judiciaire--Un-instinct-de-bete

lundi, juin 2 2008

Revue de presse du 02 juin 2008 (2)

LE KIDNAPPING DES ENFANTS PREND DE L'AMPLEUR

Par Samir Azzoug

Le kidnapping des enfants est devenu une réalité inquiétante en Algérie. Ces dernières années, ce crime abject prend des proportions dangereuses. Des chiffres effarants sont communiqués régulièrement par les différents services de sécurité. Le 15 mai dernier, M. Noureddine Yazid Zerhouni, en sa qualité de ministre de l’Intérieur, avait tiré la sonnette d’alarme. Devant le Conseil de la nation, il faisait état de 375 cas d’enlèvement enregistrés en 2007 (soit plus d’un kidnapping par jour). 6 milliards DA de rançon ont été demandés et 1,2 milliard DA payés par les familles aux ravisseurs. Un fait plus marquant a même été dévoilé par le ministre : des individus ont été arrêtés par les services de sécurité alors qu’ils tentaient de faire traverser la frontière marocaine à des enfants kidnappés dans le but (reconnaissent les ravisseurs) de vendre leurs organes à des cliniques d’Oujda. Deux cas de ce type ont été enregistrés entre 2007 et 2008, ce qui laisse supposer qu’un réseau a été créé.

Ces révélations d’une grande gravité sont d’ailleurs confirmées par les différents services de sécurité et les spécialistes. A la veille de la célébration de la Journée internationale de l’enfant, la radio Chaîne I a organisé une conférence-débat sur le thème «kidnapping d’enfants en Algérie». Lors de cette rencontre, le représentant de la DGSN, le commissaire Ahcene Oubad, sans remettre en cause les propos du ministre de l’Intérieur, affirme que la police nationale n’a jamais établi le constat d’un réseau spécialisé dans le kidnapping des enfants. «Il s’agit, peut-être, d’opérations menées par la Gendarmerie nationale. Mais on n’a jamais eu à traiter ce genre d’affaires», explique-t-il. Présentant les statistiques disponibles au sein de la police nationale, M. Oubad fait état de 7 cas de kidnapping avérés (dont 2 avec demande de rançon) en 2007 sur les 146 disparitions signalées et de 1 546 agressions sexuelles sur mineurs. En 2008, 4 affaires de kidnapping ont été enregistrées par la police (dont deux avec demande de rançon) sur 61 disparitions et 632 agressions sexuelles sur mineurs. Sans minimiser l’importance du phénomène, le commissaire explique que toutes les disparitions ne sont pas dues à des kidnappeurs : «Les raisons des disparitions sont multiples. Il peut s’agir de fugue à cause de mauvais résultats scolaires, d’un milieu familial austère

De son côté, la Gendarmerie nationale, par la voix du lieutenant Hadj Samira, annonce que 14 kidnappings de mineurs avec agressions sexuelles ont été enregistrés en 2008, rappelant que le bilan de 2007 était de 108.
Les chiffres et les révélations effarantes d’affaires de kidnapping, de viol et d’assassinat sur ce qui représente l’innocence même (les enfants) sont insupportables. Des histoires de gamins violentés, torturés, étranglés et sacrifiés par des bourreaux sans conscience et sans âme ont été racontées par des intervenants, provoquant l’écœurement chez les auditeurs. «Il faut attirer l’attention des familles sur ce phénomène (le kidnapping des enfants). On doit briser le mur de la honte, lever les tabous et aborder ce thème avec sincérité», préconise M. Mihoub Mihoubi de l’Observatoire national de l’enfant. Une vision partagée par la sociologue Nacera Merrah qui voit dans ce phénomène le fruit d’une décennie de violence, laquelle, conjuguée avec les données économiques, culturelles et politiques, a occasionné «une perte de repères chez certains citoyens». «La dislocation familiale n’est pas la seule responsable de cette catastrophe ; plusieurs délits et atteintes aux mœurs, comme l’inceste qui provoque la fugue des jeunes filles, sont tus. Sans oublier que la violence est banalisée dans notre société. C’est devenu même un jeu», poursuit-elle.
En dehors de ces considérations socioculturelles, Me Ben Braham dénonce l’inadéquation des textes législatifs avec ce genre de crimes. «Je me désole du manque de clarté des textes de loi sur ce phénomène. La loi ne parle que du terme ‘‘rapt’’ qui peut aussi bien être appliqué en cas d’enlèvement d’un enfant par son géniteur (père ou mère divorcés) ou pour le kidnapping», regrette l’avocate qui recommande de «trouver un mot en arabe se rapprochant le mieux possible de la définition du kidnapping (le plus adapté) et qui signifie enlèvement contre la volonté d’une personne avec l’intention de nuire». Mme Ben Braham soulève deux concepts importants pour lutter contre le kidnapping. D’abord, au lieu de déclencher l’enquête policière 48h après le constat de disparition de l’enfant, «il faut une réaction rapide dans les 2 heures qui suivent l’annonce pour que les preuves restent fraîches». L’autre principe a trait à la répression. «Il faut des mesures exemplaires pour dissuader les agresseurs», prône-t-elle en citant pour exemple le kidnappeur d’un fils de banquier, condamné à mort et exécuté, ce qui a eu pour conséquence la disparition du phénomène. La sentence lourde est aussi la solution à ce problème pour le représentant du ministère des Affaires religieuses.
Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale de protection des droits de l’Homme, sans aller jusqu’à la peine de mort, recommande un emprisonnement à perpétuité sans remise de peine ni possibilité de grâce. Qualifiant le kidnapping d’«acte terroriste», il souhaite la création d’un tribunal spécial pour juger ce genre d’affaires.

S. A. Source : http://www.latribune-online.com/national/701.html

kidnappings, pédophilie et maltraitance des enfants. Les chiffres qui alarment

Comme chaque 1er juin, les regards se fixent sur l’enfance, les maltraitances qu’elle subit et surtout la nécessité de lui garantir un monde meilleur. Le 2 juin, ces revendications retombent dans l’oubli, en attendant l’année d’après.

Les statistiques des services de police et de gendarmerie sont alarmantes et rien n’indique que la situation va s’améliorer, surtout en matière de violences sexuelles. Pour le commandement de la Gendarmerie nationale, « la maltraitance multiforme subie par les enfants, notamment les enlèvements et les agressions sexuelles, interpelle la société non seulement quant à une protection et une sécurité de l’enfance, mais aussi à une lutte inlassable contre les auteurs de ces crimes ». Même si les chiffres de la criminalité ont connu une baisse substantielle ces dernières années, le nombre des mineurs victimes de violence reste néanmoins très important. Ainsi, sur les 21 265 victimes de criminalités enregistrées en 2006, 1676 (soit 8%) étaient des mineurs. En 2007, ces derniers représentaient 1614 sur 18 688 victimes, soit 9%, alors que durant le premier trimestre de 2008, les mineurs constituaient 660 victimes sur 6438, soit 12%. Ces statistiques, relevées surtout dans les zones rurales, où la gendarmerie est plus active, montrent que sur les 9712 victimes d’atteinte aux personnes et aux mœurs enregistrées en 2006, les enfants représentent une proportion de 16%, soit 1513 cas. La même proportion a été constatée en 2007, alors que durant les trois premiers mois de l’année en cours, elle a atteint les 25%, puisque sur les 2004 victimes, 502 sont des mineurs. Les statistiques font état d’une hausse des actes incestueux et de pédophilie durant les deux dernières années. Le nombre de viols sur mineurs est passé de 134 en 2006 à 137 en 2007, et à 48 pour le premier trimestre 2008. Les cas d’inceste sur enfant ont connu une hausse de 100% entre 2006 et 2007, puisqu’ils sont passés de 6 à 12, alors que les actes contre nature, dont aucune affaire n’a été enregistrée en 2006, ont atteint 4 cas en 2007. Les enlèvements suivis de viols ont pour leur part connu une baisse relative en 2007, avant de connaître une proportion à la hausse en 2008. Ils étaient 4 cas en 2006, puis 2 en 2007 et 6 au cours des trois premiers mois de l’année 2008, période durant laquelle, faut-il préciser, sur les 224 mineurs victimes, 121 ont subi des attentats à la pudeur. La gendarmerie a constaté par ailleurs que sur les 146 enlèvements enregistrés en 2006, 47 ont concerné des mineurs (32%). En 2007, ces derniers constituaient 34 cas sur les 112 déclarés, alors que durant le premier trimestre de l’année en cours, ils étaient 20 mineurs, parmi les 38 cas enregistrés. Pour les enquêteurs, les agressions sexuelles viennent en première position des mobiles de ces enlèvements, suivies des fugues amoureuses, puis de la demande de rançon. Pour leur part, les agents de la sûreté nationale, qui agissent surtout en milieu urbain, estiment que le phénomène de kidnapping des enfants n’est pas aussi alarmant et leur nombre connaît une légère fluctuation. Ainsi, selon Mme Kherra Messaoudène, commissaire principale chargée de l’enfance, il y a eu 7 enlèvements en 2007, parmi lesquels 2 ont été suivis de demande de rançon, un autre a été tué, et un cas mort accidentellement. Pour l’officier, durant la même année, la sûreté nationale a enregistré 146 disparitions ou fugues au sens large du terme. « Néanmoins, le phénomène le plus inquiétant reste les violences sexuelles qui ne cessent d’augmenter, mais aussi le nombre d’enfants en danger moral », a-t-elle relevé. Ainsi, selon elle, en 2007, la sûreté nationale a enregistré 3483 enfants en danger moral, dont 2681 ont été remis à leurs parents, 663 présentés devant le juge des mineurs et 139 fugueurs réintégrés dans leur famille. La tranche d’âge la plus touchée est celle des 13-16 ans avec 1424 enfants, suivie des 16-18 avec 1028 mineurs, puis des 10-13 ans avec 557 cas, et enfin des moins de 10 ans avec quand même 474 enfants. Pour ce qui est des violences, en 2007, la police a enregistré 2803 enfants victimes de coups et blessures volontaires, 1546 autres ayant subi des abus sexuels (avec une forte proportion de victimes parmi les petites filles), 355 enfants victimes de maltraitance et 146 autres ayant fait l’objet de détournement avant d’être récupérés et remis à leurs parents. Il est néanmoins tragique de constater que 25 enfants ont été assassinés durant l’année écoulée, dont 6 à la suite de leur enlèvement. Lors de l’émission retransmise par la radio nationale (Chaîne I) hier matin, la représentante de la police a indiqué que durant le premier trimestre 2008, 14 enlèvements suivis d’agression sexuelle ont été enregistrés, dont 12 sur des garçons et les deux autres sur des filles. En 2007, a-t-elle ajouté, il y a eu 7 enlèvements dont 2 suivis de demande de rançon. Ces statistiques alarmantes ont poussé les deux services de la gendarmerie et de la police à se réorganiser pour instituer des brigades spéciales de protection des mineurs. Si au niveau de la sûreté nationale, ces unités ont été réactivées depuis 2000, chez la gendarmerie, ce n’est qu’en 2005 que trois cellules spécialisées dans la protection des mineurs ont été créées, dans un premier temps, à Alger, Oran et Annaba, en attendant la création de dix autres dans d’autres villes. Les 1730 interventions multiformes de ces cellules ont permis entre autres de réinsérer 208 mineurs dans leur famille, de prendre en charge 114 mineurs en danger moral. Des résultats qui ont incité à l’ouverture de dix autres cellules. Néanmoins, il est établi que la protection de l’enfance ne peut être garantie uniquement par l’intervention des services de sécurité, qui n’en demeure pas moins très importante, mais surtout par des textes de lois qui assurent tous les droits consentis par non seulement la Constitution, mais aussi par la convention internationale des droits de l’enfant ratifiée par l’Algérie. Il est à ce titre malheureux de rappeler que la loi relative à la protection de l’enfance, attendue depuis le début de 2005, n’arrive pas à voir le jour. En attendant, des milliers d’enfants continuent de subir la bêtise humaine et de souffrir du silence des adultes censés les protéger.

Salima Tlemçani Source : http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=95559

Revue de presse du 02 juin 2008

Dé(génération) porno

Ce qui suit est la publication d'un article diffusé sur le web à propos d'un film sur l'industrie du porno :

Les témoignages non officiels des coulisses de l'industrie du sexe sont rares. Un film, présenté par une association au parlement suédois dans le cadre d'une réflexion sur la liberté d'expression et la pornographie, rassemble des confidences édifiantes d'actrices, de policiers, de producteurs. "Shocking Truth" est son nom. Attention : visionnage violent. Et vraie colère.

Dépassée Annabel Chong, qui, en 1995, passait sous 251 partenaires en dix heures… Angela Houston, 30 ans, en 1999, s'est fait 622 hommes en 7 heures, soit un homme toutes les 40 secondes. Candy Appels a pour sa part été interrompue au 742ème par la police de Los Angeles. Quant à Sabrina Johnson, 23 ans, elle s'entraîne pour battre le record du gang bang, 2000 hommes en 24 heures prévus à la Saint-Sylvestre.

Aucune étude ne dresse encore le portrait psychologique de ces candidates au viol collectif. Mais Annabel Chong revivait en direct, dans son film, le traumatisme d'un viol véritable. Et Angela, Sabrina, Candy, qui sont-elles ? Qui sont ces femmes qui se disent heureuses après s'être fait passer dessus par une armée ? Qui sont ces Candy, Cookie et autre Molly ? Qui sont ces êtres humains qui se cachent sous des noms de chiennes ou de friandises ? Aujourd'hui, les témoignages sortent. Nous avons visionné « Shocking Truth », film suédois réalisé à partir d'interviews et de montages de films pornographiques diffusés dans le nord de l'Europe, et présenté au parlement suédois en 2000 dans le cadre d'une réflexion sur la liberté d'expression dans la pornographie.

Aussi dérangeant que cela puisse être, derrière chaque vagin, chaque bouche à pipe, chaque anus, derrière chaque trou rempli de foutre, de doigts, de poings, de centaines de bites d'affilée, se cache un être humain.

Un être humain, un corps qui, souvent, saigne entre les scènes. Qui s'évanouit pendant les plans coupés. Qu'on redresse tant bien que mal pour l'éjac finale dans la gueule. Nous le savons aujourd'hui. Beaucoup de sang coule de ces culs anonymes, aux noms de gâteaux. Certes, ne pas penser qu'un être humain, doté du même corps fragile que votre soeur ou votre mère, soit pénétré à la chaîne, saigne, s'effondre, soit marqué à vie, permet de mieux apprécier le spectacle pornographique, d'en jouir plus tranquillement. Mais ce n'est pas la réalité.

Ne pas y penser, c'était mon cas avant. Avant de m'intéresser à l'envers du décor. Même si l'univers formaté et prévisible des films pornos m'a toujours paru ennuyeux, je ne dédaignais pas une vidéo de temps en temps, quelques scènes un peu crades pouvaient même me mettre en train, par contagion joyeuse de l'effet salope. Mais c'était avant. Une fois qu'on sait, il faut bien avouer que ça gâche le plaisir.

Qui sont-elles ?

J'ai commencé cette enquête sans a priori. Entre filles, c'est vrai qu'on se demande. Après tout, celles qui se font mettre par cinquante mecs dans les pornos, d'accord, elles aiment sûrement pas ça, mais n'ont-elles pas choisi ? Elles sont payées pour ça. Même si elles ont besoin d'argent, elles pourraient quand même faire autre chose, non ? Travailler en usine, vendeuse, autre chose.

Mais est-ce vrai ? Avant les grandes luttes sociales, les filles qui bossaient dans les usines chimiques pourries et maladives se mutilaient en connaissance de cause, tout en rêvant de passer à travers. Ces filles auraient-elles pu choisir autre chose ? En vérité, qui sont vraiment ces hommes et ces femmes que le spectateur consomme à longueur de vidéo ? Tous des enculeurs fougueux et des salopes qui aiment ça ? Ou encore des fainéantes qui refusent de bosser ?

Réponse d'un producteur de porno suédois* : « Ce sont très souvent d'anciennes victimes de viols ou d'inceste dans l'enfance. » Et puis, après un temps : « Bien sûr, dans ces conditions, on peut se demander si elles choisissent ce métier librement ».

Quant aux hommes ? Réponse du même producteur : « Les hommes ne doivent pas être émotifs pendant. Il ne faut pas, par exemple, qu'ils attendent une réponse de leur partenaire, qu'ils soient attentifs à leurs réactions. Alors, s'ils sont émotifs, ils ne peuvent pas vraiment faire ce travail. En fait, les hommes doivent pouvoir agir comme des machines. »

Réponse d'un ancien commissaire, qui a rencontré d'innombrables prostituées et actrices du hard* : « J'ai connu des milliers de filles. En fait, j'ai plus l'impression d'avoir rempli une fonction de travailleur social. Ce ne sont pas les mêmes filles dans le porno et dans la prostitution. Mais elles ont les mêmes origines. Presque toutes ont été abusées dans l'enfance. »

Voilà un début de réponse sur les être humains qui travaillent dans le porno. Que ce soit en France, aux Etats-Unis ou en Suède, la constatation des associations, après avoir recueilli de nombreux témoignages est la même. Les milieux défavorisés fournissent un vivier de pauvres filles pour la prostitution et la pornographie. Très souvent victimes d'inceste et violées pendant l'enfance. Ou accrochées aux drogues. Or, constatent les associations, les victimes d'inceste ou de viols, les droguées ne sont pas prises en charge par la société pour bénéficier d'un traitement ou d'un processus d'aide. Elles sont alors directement manipulées par des souteneurs ou des producteurs, parfois dès la sortie des foyers. Elles sont récupérées de façon industrielle pour alimenter les productions bas de gamme en tout genre, jusqu'avec des chiens, des ânes, des chevaux, etc. Chacun y trouverait son compte, que ce soit les services sociaux déjà saturés et incapables de répondre à la demande, ou, bien sûr, les boîtes de production du X tout venant, qui font leur beurre sur ces anciens enfants martyrisés, habitués à la douleur comme à la docilité. Voilà le voile que lèvent les associations sur ces filles. Le corps des plus défavorisés utilement recyclés pour servir de liant social.

Ce n'est pas seulement un scandale mais une horreur. A grande échelle.

Aux USA, l'industrie du porno dégage 4 à 6 milliards de dollars par an. Plus que l'industrie du film et du disque réunie. La diffusion de "Playboy" et de "Penthouse" (24 millions d'exemplaires) est deux fois plus importante que celles de "Newsweek" et de "Time" réunies… Toujours aux USA, 75 % des magasins de vidéo vendent des K7 ou DVD pornos, qui leur assurent entre 50% et 60 % du chiffre d'affaires. Et 65 % des connexions sur le net concernent des sites pornographiques. Derrière les chiffres, combien de corps ?

Backstage : deux filles interviewées * entre deux scènes, du sperme plein le visage. La première, sourire figé, terrible, regard fixe : « Je sais que je suis une grosse pute. Mais je ne me rappelle plus quand ça a commencé » . La seconde : « Peut-être… quand je me suis fait enculer par l'avocat de mon père. Enfin, je ne sais plus si c'était son avocat ou un de ses collègues. J'avais douze ans. » Tout cela dit avec l'indispensable sourire caméra et en enfonçant un doigt manucuré dans une chatte épilée et parfaitement sèche.

Voilà la situation d'être humains entrés volontairement dans le bagne moderne du sexe, si on peut considérer comme un acte de volonté l'impossibilité de refuser des violences nouvelles pour les rescapés de violences anciennes. Qu'advient-il d'eux, une fois entrés ? Maladies, suicides… Comment savoir ? On apprend des associations que la plupart des actrices touchant à la zoophilie se sont suicidées. Enfin, celles dont on connaît le nom. La junkie édentée ramassée dans la rue pour se faire mettre par un lévrier afghan, celle qui pose pour la jaquette du dvd bien en évidence dans le bac prés de l'entrée du sex-shop à côté de chez moi, celle-là, où est-elle aujourd'hui, que lui est-il arrivé depuis? Suicide ? Overdose ? Les culs anonymes passent et crèvent. Qu'importe. Le réservoir à paumés et à déchets sociaux est disponible, à la merci des fantasmes érigés en loi. Ce n'est pas la matière première qui manque.

Mais après tout, comme le dit un autre producteur* : « Il n'y a pas de loi interdisant de faire de l'argent dans un système capitaliste. Je n'ai pas inventé le capitalisme. Je suis innocent. »

L'écran et la réalité

Sur l'écran, le spectateur de porno, à quelques stars près, voit finalement des filles qui se ressemblent toutes. A la couleur des cheveux et la grosseur de poitrine près. Difficile après tout de faire la différence entre un anus et un anus, une bouche à pipes et une bouche à pipes. Pas grand chose d'humain là-dedans, mais plutôt l'excitation au spectacle de morceaux de corps, de viandes avides, gémissants et presque toujours anonymes. C'est d'ailleurs justement cet anonymat, cette facilité, ce côté immédiat et à vif de l'acte sexuel qui font l'intérêt de ce genre de film. Alors, où est le problème ? Au nom de quelles idées réactionnaires condamner mon plaisir ? En quoi la vision de ces scènes peut-elle représenter un danger pour moi, pour les jeunes habitués à une telle sexualité mécanisée et mercantile, etc… ? Telles sont les questions que se pose aujourd'hui le spectateur. Ces questions sont évidemment légitimes, et peuvent faire l'objet d'innombrables débats. D'ailleurs, on les entend partout, de "Max" à l'"Observateur", chez Delarue, sur TF1… Mais le débat ne peut s'en tenir à la seule logique du spectateur, des fantasmes du spectateur. Parce que la réponse à la question « Qu'arrive-t-il et que deviennent les hommes et les femmes sur le tournage d'un film pornographique » n'est pas entièrement contenue dans les images que vous visionnez tranquillement sur votre vidéo (même si certaines choquent par leur inhumanité ou la souffrance visible des actrices).

Rappelez-vous "Gorges Profondes", le film X culte des années 1970, où tout le sexe se réduit à des pipes, queue à fond dans la gorge, ce qui ferait jouir à coup sûr l'héroïne. Pendant le tournage, Linda Marchiano, alors connue sous le nom de Linda Lovelace, était battue et menacée d'un pistolet par son compagnon afin de pouvoir accomplir les performances buccales qui ont fait du film une des œuvres fondatrices de la pornographie. Pendant les mois qui ont suivi, de nombreuses femmes ont été hospitalisées aux Etats-Unis, qu'elles aient été victimes de viols ou que leurs petits amis aient voulu réitérer à la maison l'exploit que Marchiano n'avait pu signer que menacée, dans un état second.

Tournage X*. Une petite blonde assez mince se fait sodomiser sans ménagement par un mec puis par un autre puis par un troisième. Ils font la queue sans état d'âme, bite à la main. Les larmes font couler le maquillage. Difficile de confondre les cris avec des cris de plaisir. Entre le deuxième et le troisième type, qui la secoue comme un sac, elle chancelle et ses yeux virent au blanc. Plan coupé. Séquence suivante, nouvelle enculade, avec en plus trois mains plongées dans son vagin, la fouillant sans ménagement. Quand son partenaire se retire, elle manque tomber. Une main la redresse par l'épaule et lui plaque le visage sur une bite. Elle doit sucer, tout avaler. Interview backstage de cette fille. Les larmes ne sont pas encore entièrement séchées : - Q : Si un inconnu vous mettait sa bite dans la bouche en pleine rue, ça vous dérangerait ? - R : Vous croyez que je les connais bien, les hommes avec qui je viens de tourner ? Je ne les avais jamais rencontrés avant le tournage. Alors si un inconnu jouissait dans ma bouche, non, ça ne me dérangerait pas. Et puis un sourire caméra, d'autant plus atroce qu'on a encore en mémoire les grimaces de douleur de la scène précédente. Elle ajoute : « Mais n'oubliez jamais que j'aime ça. J'adore le sexe, je suis une vraie pute et j'aime ça. » Elle aime vraiment tomber dans les pommes enculée par tous ces mecs ? Ou est-ce la thèse officielle ? Ou pire : finit-elle par le croire ? Et que penser de celles qui diraient aimer ça avec des chiens ou des mulets ? Après la servitude volontaire, voici la torture volontaire, ultime horreur moderne. Backstage, encore. Une autre actrice *, le visage également baigné de sperme. - Q : De quoi avez vous peur ? - R : De devenir un animal. Je ne suis plus un être humain. Je me sens comme un animal.

Même question posée à une autre fille *, en train de sucer un gode fluorescent. Elle sort le gode de sa bouche, et d'un coup son regard change. Eteint. Fixe. Perdu. - Q : De quoi avez vous peur ? - R : De devenir rien. Et ensuite moins que rien.

Backstage toujours. Elle a au plus 24 ans *. Elle raconte son expérience d'ex-actrice de porno et s'écroule en larmes. Elle parle de Cookie en disant « elle », comme s'il s'agissait d'un corps étranger, comme si elle ne pouvait pas raconter à la première personne. Car Cookie, c'est elle. Cookie devait tourner une double pénétration. Elle s'est mise à pisser le sang. Il a fallu couper. Les producteurs et les autres acteurs ont donné des kleenex à Cookie pour qu'elle s'essuie, en la traitant de conne parce qu'elle gâchait le film. Après cinq minutes de pause, le tournage a repris et on lui a fait finir la scène. Elle est payée pour ça, n'est-ce pas. Elle a choisi ça. Cookie dit encore, parlant toujours d'elle-même à la troisième personne : « Cookie avait une hémorragie qui nécessitait une hospitalisation d'urgence. » Cookie n'est sans doute pas la seule à avoir été hospitalisée après un tournage. Les histoires sortent. Une fille condamnée à la chaise roulante suite à un gang bang. Une autre passe six mois à l'hôpital. Comme le raconte Raffaëlla Anderson dans son terrible témoignage, "Hard" : « Prenez une fille sans expérience , loin de chez elle, dormant à l'hôtel ou sur le tournage : faites lui faire une double pénétration, un fist vaginal, agrémenté d'un fist anal, parfois les deux en même temps, une main dans le cul, parfois deux. Tu récoltes une fille en larmes, qui pisse le sang à cause des lésions, et qui généralement se chie dessus parce que personne ne lui explique qu'il faut faire un lavement. De toute façon, c'est pas grave, la merde fait vendre. Après la scène qu'elles n'ont pas le droit d'interrompre, et de toute manière personne ne les écoute, les filles ont deux heures pour se reposer. Elles reprennent le tournage. »

Limiter le débat à la problématique du plaisir du spectateur est dangereux, parce que ce qu'il voit à l'écran n'est pas la réalité. On parle parfois avec horreur des snuff movies, où les filles seraient torturées à mort. Mais certains films pornographiques se rapprochent des snuffs movies, les tortures sont coupées au montage. Les témoignages sortent des studios. Les images aussi. Jamais on ne voit un gang bang, une double, triple, multiple pénétration ou un fist-fucking, filmé sans coupe, sans montage. Parce qu'alors, comment ne pas ouvrir les yeux, comment imaginer qu'on puisse infliger une telle violence à un corps sans conséquences et sans séquelles ?

Raffaëlla : « Le matin, tu te lèves, tu te fourres pour la nième fois ta poire de lavement dans le cul et tu nettoies l'intérieur. Tu réitères jusqu'à ce que ce soit propre. Rien que ça, ça fait mal. Après ça, j'ai besoin de me mettre sous la couette une heure pour oublier combien j'en souffre. Aucune position ne convient. Tu tournes dans tous les sens mais y a rien qui t'apaise. Après quoi, tu te retrouves sur un set et tu suces, tu cambres. On te traite de salope . Rien ne vaut une telle souffrance. »

La pornographie tout sourire n'est possible que dans un monde virtuel, où les cris de souffrance sont remplacés par des gémissements de plaisir et des appels à y aller plus fort.

Déshumanisation

Voilà pourquoi, il est devenu non seulement stupide mais criminel de faire du débat sur la pornographie un débat « d'idées », où les défenseurs de la censure s'opposent aux soi-disant libres-penseurs sur le thème « quel effet sur le spectateur ? ».

Il est devenu en revanche urgent de s'interroger sur le processus de déshumanisation de milliers d'hommes et de femmes engagés dans la pornographie à la chaîne. Les témoignages sur les coulisses de la pornographie m'ont bouleversée et horrifiée. Il y résonne des échos familiers qu'on aurait bien voulu ne plus jamais entendre. Relisez n'importe quel témoignage de rescapés, consultez n'importe quel document sur la torture. Cela se passe, cela s'est toujours passé de la même manière. En Europe, en Afrique, en Amérique. Le processus de torture vise à priver un être humain de sa qualité d'être humain. La torture vise à le réduire à l'état d'animal, à l'anéantir jusqu'à ce que lui-même ne se considère plus comme humain, mais comme rien, moins que rien.

À chaque fois que l'on visionne un film pornographique, il faut s'en souvenir. Qu'advient-il de ces filles dont la plus grande peur est d'être devenue « un animal » ou « rien, moins que rien » ? Nous le savons. Certaines meurent de cancers, du sida ou d'hémorragie. Beaucoup conservent des séquelles physiques et psychologiques qui les poursuivent longtemps. Rocco Sifredi lui même a reconnu un jour que certaines « actrices » du porno bas de gamme, ultra majoritaire, avaient le sexe et l'anus détruits. L'américaine Catherine Mac Kinnon, qui a recueilli des dizaines de témoignages, décrit une de ces femmes de manière saisissante : « Elle n'a pas de nom. C'est une bouche, un vagin et un anus. Qui a besoin d'elle en particulier quand il y en a tant d'autres ? Si elle meurt, à qui manquera-t-elle ? Qui portera son deuil ? Qui s'en inquiètera si elle disparaît ? Qui est-elle ? Elle n'est personne. Littéralement, personne »

En Australie, beaucoup d'actrices ont recours à des opérations chirurgicales spécifiques. Il ne s'agit plus maintenant de retouches « classiques » (comme augmenter le volume des seins) mais de se faire ôter les grandes lèvres, afin que le vagin soit plus visible à l'écran… Rien qu'un trou.

Spectateur bourreau

Il faudrait traiter les rescapés de ce bagne moderne avec le même respect, les mêmes précautions que les rescapés de la torture. Après cette enquête et avoir visionné les images de « Shocking Truth », je sais que je ne pourrai plus regarder un film porno comme avant. Je demande à sortir de la logique du spectateur. Qu'il nous suffise d'écouter notre corps. Il n'y a pas de débat d'idées sur le porno sans un débat de chair. Nous nous indignons du massacre des bébés phoques, du gavage des poulets, jusqu'aux animaux mal traités dans les tournages X. Citons pour rire, pour le fou- rire car sans folie, il faudrait en pleurer, cet avis d'un internaute sur la zoophilie « même si j'adore la sexualité filles / animaux je ne peux cependant, en tant que technicien vétérinaire, défendre l'idée d'une interaction sexuelle entre l'être humain et l'animal, parce que cela ruinerait la psyché de l'animal et le ferait ensuite agir de façon intolérable au regard des règles de politesse de la société humaine. De plus, il serait mal d'encourager un animal innocent à suivre les traces du mâle humain, en quête d'un idéal inaccessible ». Froid dans le dos.

Virtuel mortel

Imaginons un instant qu'ait lieu une campagne d'information des spectateurs, avec diffusion sur une chaîne généraliste d'un film documentaire (du type « Shocking truth ») comportant des images porno tournées « backstage » . Pour la plus grande majorité, le passage d'une représentation virtuelle à une réalité physique atroce contribuerait à une diminution considérable, si ce n'est à une disparition totale de l'excitation provoquée par ces images. C'est à ce stade, et à ce stade seulement, qu'il faut réintégrer le point de vue du spectateur pour comprendre les résistances que soulèvent aujourd'hui les attaques dirigées contre la pornographie. Ce spectateur, ces millions de spectateurs, une fois privés de leur jouissance virtuelle, devraient chercher d'autres ressources pour leur plaisir onaniste. Mais combien d'entre eux en sont-ils encore capables ?

Il ne faut pas sous-estimer la terreur et l'agressivité que suscitent chez certains la fin du rêve pornographique, la fin de l'image de la femme-trou, le désarroi que serait pour eux la perte d'un univers fantasmatique virtuel qui est souvent leur principal accès à la jouissance. Comment jouir dans le monde réel ? Comment jouir de chair et d'odeur et du poids et de la présence vivante et souffrante d'une femme ? Il est urgent de proposer aux adolescents une autre vision du sexe et de l'amour que celle des femmes-orifices et des enculeurs-performance. On peut d'ailleurs se demander quels bons petits soldats dociles, quelles brutes obéissantes et conditionnées on cherche à faire des hommes, pendant qu'on transforme les femmes en animaux / objets méprisables et maltraités. Les chefs de guerre serbes dopaient leurs troupes aux films pornos avant de faire des descentes dans les villages ? Tout est fait pour que le spectateur onaniste reste enfermé dans l'ignorance de son propre corps et donc forcément aussi dans celle du corps de l'autre - en psychopathe qui non seulement ne réagit plus à la souffrance d'autrui, mais en jouit. La question du spectateur est : quelle humanité préparons nous, et voulons nous fabriquer des générations d'individus conditionnés, dociles, économiquement performants, prêts à tolérer n'importe quelle abomination de la part du corps social qui les entretiendra dans leur jouissance maladive?

Amoureux de la chair, des odeurs, de la sueur, des infinis jeux du sexe, nous ne nous devons pas seulement d'informer nos semblables sur les violences de la pornographie industrielle. A nous de témoigner de notre joie de vivre dans le monde réel et de défendre avec délectation les formes infinies de la jouissance incarnée. La joie, plus forte que le gang bang.

Merci de tout cœur à Malka Malkovich et à Solenne Bardé, pour leur aide précieuse, pour leur courage et pour leur joie de vivre.

I.S.

  • Tous les témoignages marqués d'une * sont filmés dans « Shocking Truth ».

Isabelle Sorente, ancienne élève de l'école Polytechnique, est romancière et auteur de théâtre. Elle a publié "Le Coeur de l'ogre" (JC Lattès, 2003), "La Prière de septembre" (JC Lattès, 2002), "L" (JC Lattès, 2001) et "Hard Copy" (Actes Sud, 2001).

jeudi 04 Janvier 2007

Agés 11 et 12 ans, ils violent une fillette de 10 ans et diffusent la scène dans leur collège...

Deux préadolescents de 11 ans et 12 ans ont été mis en examen mardi pour avoir violé la sœur du second âgée de 10 ans à la Queue-les-Yvelines (Yvelines) et diffusé la scène via un portable dans leur collège Maurice-Ravel à Montfort-l'Amaury (Yvelines), a indiqué ce vendredi une source judiciaire à l'AFP.

Il y a huit jours, le plus jeune des deux garçons avait invité chez lui son copain, venu accompagné de sa sœur. Ils avaient regardé un film pornographique et décidé de reproduire toutes les scènes avec la fillette, a raconté une source judiciaire, confirmant une information du «Parisien».

«Un dérapage de gamins»

Les deux garçons, élèves de sixième, avaient filmé les scènes et diffusé les images à une centaine d'élèves via un téléphone portable pendant une semaine.

Agés de moins de 13 ans, ils ne peuvent faire l'objet que de sanctions éducatives, tel qu'un placement ou un stage dit de réparation pénale, a précisé une source judiciaire.

«Il est évident que nous ne faisons pas face à des pervers: il s'agit d'un dérapage de gamins, d'un problème d'éducation dans un milieu pourtant aisé», a estimé cette source.

«Collégiennes traumatisées»

L'inspection académique doit envoyer ce vendredi aux parents des élèves du collège une lettre «pour rappeler les dangers que peuvent représenter pour les enfants Internet, les vidéos et les portables», a expliqué le rectorat de Versailles.

Une cellule d'écoute psychologique doit également être mise en place dans l'établissement où les élèves, et notamment «les collégiennes sont traumatisées», a expliqué ce porte-parole.

Par http://www.20minutes.fr/

Quelques statistiques :

  • Les chiffres:

De plus en plus d'adolescents regardent des pornos : D'après une étude du CSA, 80 % des garçons entre 14 et 18 ans et 45 % des filles du même âge déclarent avoir vu au moins une fois un film X durant l'année passée. Plus les répondants sont âgés, plus la fréquence de consommation augmente. Néanmoins, près d'un mineur sur 10 consomme régulièrement, c'est à dire au moins une fois par semaine. (Source: CSA)

  • Les différences entre les sexes:

Lorsqu'on étudie les consommateurs de pornographie par sexe, on constate de fortes différences entre les 2 sexes. En effet, plus de 50% des garçons regardent des films "porno" au moins une fois par mois, seule une fille sur 3 consomme autant. (Mutualité Socialiste, Enquête jeunes – Sexualité 2006)

  • Les sources des films pornos:

L'accès aux contenus pornographiques peut être très divers: Si les filles ont vu des films X principalement à la télévision, les garçons les visionnent également en vidéo et sur internet. (Source: CSA)

Les ados se trouvent de plus en plus tôt en possession d'un portable. Concernant la réception de contenus pornographiques, le rôle du portable a augmenté ces derniers temps. Autre danger: les chats, particulièrement fréquentés par les adolescents entre 12 et 15 ans. (JIM, 2007 )

  • Conséquences:

Un jeune de 15 ans sur 10 a déjà connu sa première relation sexuelle.

En ce qui concerne la sexualité des filles, elles sont plus de 44% à juger négativement les effets de la pornographie. Les garçons ne sont que 28,47% à partager cet avis.

L'opinion est bien différente selon qu'on interroge les garçons ou les filles. En effet, les garçons expriment une opinion plutôt positive à l'égard de la pornographie (54 % disent que cela les amuse et les distrait), alors que les filles notifient leur aversion pour ce type d'images (56 % disent que cela les dégoûte). (Mutualité Socialiste, Enquête jeunes – Sexualité 2006)

"Montrer des limites et veiller à leur respect"

Interview de Volker Höhlein, travailleur social

Membre actif de l'Association « Wendepunkt », Volker Höhlein s'occupe d'enfants et adolescents victimes d'abus sexuels. Il aide plus particulièrement des jeunes qui ont vécu une telle expérience et conseille l'entourage familial de ces victimes.

ARTE : A en croire les statistiques, les adolescents sont de plus en plus consommateurs de pornographie. Est-ce que ce comportement a une incidence sur votre travail ? Volker Höhlein : Nous sommes bien sûr touchés par cette tendance. Nous essayons de sensibiliser les jeunes aux risques d'abus par le biais des téléphones portables et de l'internet. Nous sommes très régulièrement confrontés à des enfants et adolescents qui ont déjà été en contact avec des contenus à caractère pornographique ou qui ont été invités ou forcés par une personne malveillante à écouter ou visionner de tels contenus, alors qu'ils n'avaient aucun moyen de se rendre compte de la portée de cet acte. Les travailleurs sociaux et les enseignants nous parlent de jeunes qui se filment mutuellement, dans des situations mettant en scène des actes de violence par exemple, pour diffuser ensuite ces films. Des parents viennent nous consulter parce qu'ils ont appris que leurs enfants étaient confrontés à des propositions équivoques par téléphone portable ou sur internet. La toile, comme les téléphones portables, sont devenus des objets familiers de la vie quotidienne pour les enfants. De ce fait, ils représentent une source importante de dangers pouvant conduire à des abus sexuels. Des thèmes comme amour, sexualité et violence se mélangent aujourd'hui à plus d'un titre et nous constatons une grande immaturité dans la manière d'aborder cette évolution. Ce qui manque aussi c'est la prise de conscience de la limite entre simple blague et situation sérieuse.

ARTE : Cette dérive est-elle dangereuse à vos yeux ? Ce qui est dangereux, c'est l'inconscience avec laquelle ces moyens de communication sont utilisés. De nombreuses situations qui n'étaient jusque-là que des notions abstraites, sont aujourd'hui illustrées par des images et des films. Les enfants et adolescents ont aujourd'hui libre accès à la télévision et à internet, souvent par le biais du poste de télévision dans la chambre d'enfants. Ils sont dès lors confrontés à une dimension arbitraire dans l'utilisation de ces moyens de communication qui se répercute ensuite sur d'autres médias. Avec les téléphones portables par exemple, tout le monde a aujourd'hui une caméra à portée de main. Là aussi, avec une absence totale de discernement. Tout le monde peut filmer ce qu'il veut et diffuser ces enregistrements, mais personne ne montre aux enfants où sont les limites d'un tel comportement.

ARTE : Dans le temps, cette tendance concernait surtout les garçons alors qu'aujourd'hui, on observe un changement de plus en plus marqué du comportement sexuel des filles. Quelles sont les raisons de cette évolution ? Avec l'émancipation des filles qui se sont appropriées, à tort dans certains cas, le comportement des garçons et des hommes. Les femmes sont aussi devenues plus naïves en ce qui concerne leurs propres limites et possibilités. Les filles prennent aujourd'hui plus facilement des risques. La conséquence est qu'elles deviennent aussi des proies plus faciles. Elles ne voient aucun problème à partir à l'aventure avec d'autres adolescents qu'elles connaissent à peine. Dans un des cas que nous suivons, cela s'est terminé par un viol collectif. Un autre cas montre très clairement que la fille concernée avait perdu toute notion de ses limites, alors que la connaissance de ces limites est très importante pour le développement sexuel des enfants. Ici, la responsabilité des parents est clairement engagée dans la mesure où ils ont omis de montrer ces limites à l'enfant et où ils n'ont pas non plus veillé à leur respect.

ARTE : Comment les parents doivent-ils réagir quand leurs enfants sont au contact de contenus à caractère pornographique ou violent ? Souvent, les parents ne savent malheureusement pas qui leur enfant fréquente ou ce qu'est un tchat sur internet. Ils devraient se familiariser le plus tôt possible avec l'ordinateur et internet pour apprendre à leurs enfants, au plus tard vers 10 ou 12 ans, comment se servir de cet outil de communication en toute sécurité. Il est parfaitement normal que les enfants essaient de transgresser les règles imposées par les parents. Mais il est très important aussi de fixer de telles règles et, le cas échéant, de sanctionner les transgressions. Pas seulement dans une finalité de contrôle, mais aussi pour montrer qu'ils s'intéressent à l'enfant. Les parents devraient toujours privilégier l'échange direct et être à l'écoute des enfants. S'intéresser à leurs réactions, à leurs sentiments après avoir été confrontés à des contenus pornographiques. En ce qui concerne les adolescents, il est très important de prendre position par rapport à ces contenus, notamment en ce qui concerne l'image de la femme véhiculée par la pornographie.

ARTE : Très concrètement, comment peut-on protéger ses enfants ? Il est relativement facile de « sélectionner » les contenus sur internet par le biais de filtres parentaux. La prudence est de mise en particulier sur les tchats. Les jeunes ne devraient en aucun cas donner leur nom ou leur adresse sur internet ou accepter des rendez-vous avec des inconnus. Il faut apprendre à son enfant à partir de quand la méfiance est de mise, évoquer avec lui des scénarios potentiellement dangereux. Les agresseurs ont des stratégies très subtiles pour construire petit à petit une « relation » avec l'enfant ou l'adolescent, pour abattre lentement les barrières jusqu'au moment où ils lui proposent une rencontre.

ARTE : Quelle est la responsabilité des écoles et des enseignants dans ce contexte ? Est-ce qu'il existe un enseignement dans ce domaine ? J'estime qu'il serait judicieux de proposer une sorte de permis internet pour les enfants qui ont accès à l'outil informatique à l'école. Dans les écoles, le sujet reste un tabou alors que les enseignants en particulier devraient se pencher sur ce problème en proposant un enseignement adapté à l'âge de leurs élèves. Des mesures préventives pourraient être mises en place dès l'école maternelle, en apprenant par exemple aux enfants à faire confiance à leurs sentiments.

Les jeunes, consommateurs et victimes

Qu'il semble loin le temps des aventures érotiques d'Emmanuelle et de ses images suggestives… Aujourd'hui, la société développe clairement une saveur pornographique, avec des consommateurs pornophages de plus en plus jeunes et, forcément, une vision de la sexualité totalement erronée.

Le raz-de-marée sexuel submerge aujourd'hui notre quotidien. Des publicités porno-chic à tire-larigot, le règne de l'image sur l'imaginaire des pré-adolescents, l'envie de faire comme les « grands » et une première appréhension de la sexualité et des rapports hommes-femmes qui passe au travers d'images pornographiques charriant violence, clichés et pratiques crues ne tournant plus qu'autour du génital et faisant abstraction de tout sentiment. Les jeunes, pré-adolescents et adolescents, comme tout-un-chacun d'ailleurs, ont très facilement accès aux images et contenus pornographiques qui ne sont désormais plus qu'à portée de clic de souris. Internet a remplacé la télévision et certains sites proposent, gratuitement ou contre paiement, des séquences porno de qualité diverse. C'est l'univers du cybersexe.

La fabrication d'une génération perturbée L'accès se banalise donc fortement, et d'après le conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), près d'un tiers des 9 – 15 ans ont déjà visionné au moins une minute de film X, que ce soit à la télévision, sur internet ou même par téléphone portable. Autre tendance, entre 14 et 15 ans, huit garçons sur dix voient au moins un film porno par an, et un garçon sur trois en visionne plus de dix chaque année. Regarder du porno semble donc monnaie courante et d'après une étude européenne menée en 2003 auprès de 16.000 collégien(ne)s français(es), les filles seraient plus traumatisées que les garçons : 56% d'entre elles affirment que ces images les dégoûtent, 28% qu'elles les mettent mal à l'aise et 16% qu'elles les choquent ; en revanche, chez les garçons, 54% se déclarent amusés, 34% avouent que cela leur plaît et 12% qu'elles leur sont utiles. « Bien évidemment, comme l'affirme le sexologue et directeur de l'institut de sexologie Jacques Waynberg, la curiosité sexuelle est normale à cet âge. Pour le puceau, il s'agit de voyeurisme polisson. Mais le principal problème, ici, est que la constitution de la sexualité ne se fait pas par l'imaginaire. Et l'impact peut s'avérer catastrophique sur des jeunes sans aucune expérience ». En fait, ces représentations sommaires et crues du rapport sexuel font illusion et, surtout, font mine d'être une représentation de la réalité. « Nous sommes en présence d'un substitut artificiel à la sexualité, poursuit Jacques Waynberg, la vision est tronquée, comme si, pour apprendre la langue française, nous ne lisions que des romans policiers. Dans le cas des films pornographiques, c'est identique. Tout le champ de la sexualité n'est pas dévoilé ». Conséquence : la fabrication d'une génération qui risque d'être « incapable d'avoir et de construire une sexualité pleine et riche ».

Le porno joue donc un rôle de substitut à une éducation sexuelle qui n'existe plus nulle part : l'établissement scolaire s'en dédouane ou aborde le sujet sous l'angle scientifique et biologique, la famille reste dans la majeure partie des cas hermétique à ces thématiques et les discussions entre copains se résument à des comparaisons de performances, réelles ou fantasmées. « L'homme nage constamment dans l'épouvante, il est uniquement obsédé par la taille du sexe, précise Jacques Waynberg. Et son seul objectif, c'est de parvenir à remplir la béance féminine par la pénétration. Cela correspond au complexe bien connu de la castration ».

Le sexe, produit éphémère de la société de consommation Dérives majeures de la pornographie, les pratiques sexuelles. Et puisque règne le diktat de la performance, l'homme doit correspondre à l'image d'un Rocco Siffredi, il devrait enchaîner les érections comme un infatigable étalon et pratiquer la sodomie dans ses rapports avec ses partenaires. « C'est une situation inquiétante, commente Jacques Waynberg. Le jeune téléspectateur d'un film porno s'identifie à des interprètes dont le métier consiste à faire du sexe et qui ne correspondent pas à la norme. Chez eux, il n'y a pas de sentiment. Ca développe forcément un complexe. Et puis les pratiques ne sont également pas la norme : la sodomie, le triolisme, les orgies. Femmes et hommes ensuite, s'ils sont trop influencés par cela, se demandent s'ils sont normaux parce qu'ils n'aiment pas ça ». La déferlante tout-sexe constitue donc un vrai danger et, selon l'anthropologue, psychiatre et sexologue Philippe Brenot, « le porno est le plus mauvais modèle qui soit en termes de sexualité : corps morcelés, gros plans sur les organes génitaux, cadences accélérées, violences des gestes et des mots… Cela génère de la dévalorisation de l'autre et de soi ». Le poids du sexuellement correct ne cesse de se renforcer et l'érotisme, lui, disparaît totalement des relations. Par ailleurs, l'homme apparaît toujours comme le dominateur et la femme comme une créature dont l'unique rôle consiste à se soumettre aux envies bestiales du mâle, une partenaire jetable réduite à l'état d'objet. Du coup, les garçons, par ces représentations, ont tendance à classer les femmes en deux catégories : les « faciles » avec lesquelles on peut tout faire – illustration malheureusement bien réelle en est livrée par les « tournantes », les viols collectifs –, et les autres auxquelles on peut éventuellement s'attacher sentimentalement. Certains spécialistes évoquent aussi aujourd'hui la « sexualisation de l'enfance ». Si l'âge de la première relation sexuelle se situe autour de 17 ans, les jeunes semblent vivre des expériences étonnantes de plus en plus tôt et le phénomène semble même se banaliser. Dans certaines cours d'écoles et de collèges, la tendance est à la fellation et à la masturbation, les vestiaires et les toilettes sont parfois sous haute surveillance et la mode est au « fuck friend », symbole d'un sexe consommé pour être immédiatement jeté aux oubliettes, à l'image d'un produit éphémère sans autre intérêt que le plaisir qu'il procure dans l'instant.

La pornographie, addictive et asservissante Dernier aspect marquant dans l'actuelle société pornophage, l'impact des nouvelles générations de téléphones portables. Ces appareils deviennent, à l'instar des caméscopes ou caméras numériques, des moyens de plus en plus fréquents pour fabriquer son propre film amateur ou capter des scènes de sexe, à l'image du happy slapping et des actes de violence gratuite dont des séquences sont ensuite diffusées sur la toile. Les jeunes générations s'emparent de ces outils et surfent sur une vague pétrie d'un exhibitionnisme valorisant et de la nécessité d'afficher, encore et toujours, le culte incontournable du phallus. Voilà donc encore l'un des aspects du grand chapitre des dangers de la pornographie qu'Alexandre Soljénitsine assimilait à un asservissement de plus dans la société contemporaine : « On asservit mieux les hommes avec la pornographie qu'avec des miradors ». Affirmation reprise et confirmée par plusieurs études d'ampleur sur le phénomène de la pornographie dont certaines pointent essentiellement un danger majeur : le risque de la misère culturelle lié à la consommation à outrance, voire addictive, de la pornographie. Les réalités sensorielle, émotionnelle et existentielle disparaissent au profit d'impostures et de leurres virtuels. Un nouvel ordre sexuel – né en 1953 avec l'avènement du magazine Playboy – se met au service d'une réalité encore bien plus concrète, sonnante et trébuchante : l'industrie du porno représenterait aujourd'hui un chiffre d'affaire annuel estimé à près de 60 milliards d'euros.

lien : http://www.alterinfo.net/De-generation-porno_a20231.html

lundi, mai 26 2008

Revue de presse du 26 mai 2008

Un ouvrier agricole soupçonné de viols et d’inceste arrêté

Un homme de 56 ans a été arrêté mercredi 30 avril dans le village de Phnom Preuk, situé à la frontière thaïlandaise dans la province de Battambang. Son interpellation est survenue suite à une plainte de sa fille de 18 ans, enceinte de lui depuis cinq mois.

Devant les policiers, cet ouvrier agricole a reconnu avoir abusé d’elle à quatre reprises, depuis novembre 2007. Lors de l’interrogatoire, il a aussi avoué avoir violé deux autres femmes, âgées aujourd’hui de 21 ans et de 27 ans. La victime de 27 ans a été abusée à plusieurs reprises entre 16 et 20 ans. La jeune femme de 21 ans a, elle, été violée à l’âge de 17 ans. Le suspect, ouvrier agricole, spécialisé dans la récolte de maïs, est donc accusé de viols avec circonstances aggravantes puisqu’ils ont été commis sur des mineurs, et sur une personne de sa propre famille. Il est actuellement sous les verrous.

Contacté par Cambodge Soir Hebdo, Born Vannara, chef-adjoint de l’unité provinciale de lutte contre les trafics d’êtres humains, s’inquiète d’une « recrudescence des cas d’inceste dans les provinces de Battambang et de Bantaey Meanchey ». C’est le second cas qu’il traite depuis le début de l’année.

Ce spécialiste avance en guise d’explication « la dégradation des valeurs morales dans la société. » Born Vannarah indique que les victimes « osent davantage porter plainte qu’avant ». Il note, par contre, qu’elles « refusent souvent » de rester dans un centre de réhabilitation, « préférant » revenir dans leur famille, quand leur père, grand-père ou beau-père est en prison. « Elles se sentent alors à nouveau en sécurité. »

Ung Chansophea
Source : Cambodge Soir http://www.cambodgesoir.info/content.php?itemid=22195&p=

Corse : la détention pour un directeur d'école incestueux

Le directeur de l'école primaire de Bonifacio a été mis en détention provisoire après avoir avoué qu'il avait abusé de sa fille de 15 ans.

Vendredi dernier, le directeur de l'école primaire de Bonifacio (en Corse du Sud), a été mis en détention provisoire, par le juge des libertés et de la détention, à la maison d'arrêt d'Ajaccio.

Celui-ci avait avoué durant sa garde à vue avoir abusé de sa fille âgée de 15 ans. M. Thorel, le procureur de la République d'Ajaccio, précise : « Il a reconnu les faits au cours de sa garde à vue avec une version plus édulcorée que celle de sa fille ».

C'est la femme du directeur qui a porté plainte contre son mari suite aux révélations qui lui a fait sa fille. Pour l'heure il est mis en examen pour « viols sur mineur de moins de quinze ans par ascendant et agressions sexuelles sur mineur de moins de quinze ans par ascendant » a indiqué M. Thorel à un journaliste de l'AFP.

L'enquête menée dans l'établissement scolaire où il officiait n'indique pour l'instant aucun abus sexuel sur les élèves. Ses collègues et l'inspecteur d'Académie n'avaient pour leur part pas constaté une conduite suspecte chez le directeur. M. Thorel explique qu'« Il s'agit d'un mode de fonctionnement familial. Les abus sexuels n'avaient visiblement lieu qu'au sein de la cellule familiale ».

Rédigé par Mario, le lundi 05 mai 2008 à 14h52 Source : VousNousIls.fr

Accusé d'inceste à 92 ans

Presque sourd, quasi aveugle, Jean-Paul se déplace difficilement avec une marchette. À 92 ans, il est sans doute le plus vieil accusé actuellement à avoir un procès criminel. «Oui, on a eu pitié de lui à un moment donné. Mais là, c'est fini. Lui, il n'avait pas de pitié pour moi quand il m'abusait dans ma jeunesse. Pourquoi j'en aurais pour lui parce qu'il est vieux?» lance une de ses deux filles.

Jean-Paul (nom fictif pour protéger l'identité de ses victimes alléguées) était cette semaine au palais de justice de Montréal, pour faire face à des accusations de grossière indécence, inceste et voies de fait ayant causé des lésions à ses deux filles. Les deux femmes ont attendu 50 ans avant de porter plainte. Aujourd'hui, leur seul regret est de ne pas l'avoir fait avant. «Ma soeur voulait le faire il y a 20 ans, mais moi je n'étais pas prête à affronter ça», confie Marie, la plus âgée, lors d'un entretien avec La Presse.

«Je le confrontais souvent au sujet de ce qu'il m'avait fait, explique Louise, la cadette. Mais en 2004, il m'a répondu: «De toute façon, j'ai aucun remords. Quand je le faisais, t'aimais ça.» Je l'ai trouvé dégueulasse. J'ai dit à ma soeur que je portais plainte, même sans elle. Elle m'a dit qu'elle était maintenant prête.»

Le vieillard, qui vit en résidence, a été accusé en 2005. Compte tenu de son âge et de son état de santé, son avocate, Hélène Poussard, lui a fait passé une évaluation psychologique. Il a été jugé apte à affronter les procédures judiciaires. «Il est un peu mêlé dans les dates, mais il se rappelle tout», assure sa fille Louise. Les accusations concernent les années 1956 à 1963. Pour simplifier les choses, la Couronne n'a pas porté d'accusation pour les gestes qui auraient été commis à Granby, dans les années 40 et 50.

Le procès, qui s'est tenu en début de semaine à Montréal, nous ramenait tout droit au temps où l'on récitait le chapelet à genoux dans la cuisine après souper, en choeur avec le cardinal Léger à la radio. Une époque de bondieuseries, où la confession javellisait les péchés. «Après ses agressions, notre père nous disait d'aller nous confesser, pour ne pas aller en enfer. Lui, il allait se confesser, et ça lui donnait le droit de recommencer», commentent les deux soeurs. Selon elles, leur père a commencé à leur faire des attouchements dès l'âge de 4 ans, cela s'est poursuivi avec des masturbations e