“Notre première et ultime loyauté en tant que thérapeute doit être pour nos patients et leurs besoins, pas pour nos collègues et leurs théories”
Alan Gurman

Si, dans le cadre d'une relation d'aide, votre interlocuteur-trice a été abusé-e sexuellement dans son enfance, voici quelques conseils qui pourront vous être utiles lors de votre/vos entretien-s : - La personne est la seule "experte" en ce qui concerne ce qui lui est arrivé et ce dont elle a besoin

Croyez la personne et soyez prêt-e à entendre des choses difficiles
Croyez qu'elle peut s'en sortir et soyez attentif-ve à votre utilisation du terme "victime" (son futur n'est pas déterminé par son passé)
Aidez la personne à construire autour d’elle un réseau de soutien et un cadre dans lequel elle se sente en sécurité (par ex. avec un contrat) pour prévenir des actes dangereux ou violents pour la personne et pour les autres
Aidez-la à trouver l'aide appropriée dont elle a besoin (thérapeute homme ou femme? travail individuel ou en groupe? ...)
Utilisez les compétences que la personne a développées (par ex. capacité de dissociation). Cherchez et mettez en valeur ses ressources et ses forces
Apprenez à reconnaître les symptômes et les schémas récurrents
Soyez attentif-ve aux "perches" que la personne vous tend et posez-lui des questions sans pour autant la forcer à s'exprimer
Renseignez-vous par rapport à des abus (au sens large) antérieurs à celui mentionné
Si une personne vous parle une seule fois d'un abus sans donner suite, c'est à vous de revenir sur le sujet Soyez créatif-ve... (si la personne ne peut l'exprimer verbalement, peut-elle le dessiner?)
Validez le fait que la colère est un sentiment très sain par rapport à l'abus sexuel
Si la personne a ressenti du plaisir lors de l'abus, aidez-la à se débarrasser du sentiment de honte qu'elle peut ressentir
Vérifiez si elle a un problème de drogue, d'alcool ou autre dépendance (afin de trouver l’aide spécifique) Validez le fait qu'elle a eu besoin de mettre en place certains mécanismes et comportements (anorexie, toxicomanie, etc...) pour survivre à l'abus
Validez ses besoins même si vous ne pouvez les remplir
Aidez la personne à se confronter à son agresseur, à porter plainte même après plusieurs années, si tel est son désir
Présentez-lui une palette de comportements sains qu'un enfant est en droit d'attendre et de recevoir de la part de ses parents ou d'autres adultes

ATTENTION :
Ne minimisez pas l'abus
Ne dites jamais ou ne sous-entendez pas qu'elle est à blâmer pour l'abus et/ou qu'elle doit pardonner à son agresseur
Ne passez pas trop de temps à essayer de comprendre l'agresseur
Ne dites pas ou ne sous-entendez pas que la préférence sexuelle de la personne est un résultat de l'abus sexuel
Attention à l'utilisation du toucher, même amical: avant d'entrer en contact avec la personne, vérifiez si elle est d'accord !
Respectez le cadre de votre relation professionnelle avec cette personne, les relations sexuelles sont à proscrire

EN OUTRE :
Soyez prêt-e à être le témoin de moments extrêmement douloureux
Explorez vos propres croyances et émotions concernant les abus sexuels
Soyez donc attentif-ve à vos propres attitudes
L’abus sexuel est un traumatisme, si vous ne l'avez pas vécu, retrouvez parmi vos expériences de vie celles qui s'en rapprochent le plus
Soyez conscient-e de vos limites et n'hésitez pas à demander aide et conseils auprès de vos collègues ou d'autres services.
Source : http://www.fairelepas.ch/021_professionnels.php