Revue de presse du 07 mai 2008
Par Shy le mercredi, mai 7 2008, 10:39 - Revue de presse quotidienne - Lien permanent
Autriche : Josef Fritzl descendait souvent «la nuit entière» dans la cave
La belle-soeur de Josef Fritzl a revélé aux enquêteurs qu'il descendait dans la cave tous les matins, souvent la nuit, pour «concevoir des plans de machine»
par Daphné Mongibeaux
Le choc passé, les langues se délient. Celle de l'accusé, tout d'abord : au cours de son interrogatoire, Josef Fritzl, le père autrichien qui a séquestré et violé sa fille pendant 24 ans dans sa cave sans fenêtre, où sont nés sept enfants de l'inceste, a reconnu qu'il avait menacé ses victimes de les empoisonner au gaz s'il devait lui arriver quelque chose.
Six experts de la police effectuent aujourd’hui des «vérifications» dans l'abri anti-atomique souterrain de 60m2, pour savoir si un tel mécanisme existait réellement, ou si ces menaces n'avaient pour but que d'assurer son emprise sur ses victimes.
La belle-soeur de Josef Fritzl a également révélé que cet homme passait souvent «la nuit entière» dans la cave de sa maison de Amstetten.
«Il descendait tous les matins à sept heures dans la cave, soi-disant pour y concevoir des plans de machines qu'il vendait à des entreprises», ajoute dans le quotidien Österreich cette soeur cadette de l'épouse de Josef Fritzl, Rosemarie. «Rosi n'avait même pas le droit de lui apporter un café», continue-t-elle.
Condamné pour viol en 1960
La belle-sœur confirme dans cette interview la condamnation aujourd'hui rayée du casier judiciaire de Josef Fritzl à de la prison ferme pour viol à la fin des années 1960. «J'avais 16 ans quand il a été incarcéré et je trouvais ce délit répugnant, d'autant qu'il avait déjà quatre enfants avec ma sœur», a-t-elle témoigné. La police estime que Rosemarie, une femme décrite par sa soeur comme «dominée et constamment rabaissée en public» par un mari despotique, ignorait ses agissements dans la cave.
Mais ce point continue de susciter les interrogations de la presse autrichienne, le sérieux quotidien Kurier titrant «Que savait l'épouse?»
Mercredi après-midi, la police effectuait des vérifications sur un meurtre inexpliqué en 1986 en Haute-Autriche près d'un restaurant de Josef Fritzl, a indiqué un responsable policier.
«Il n'y a pas de lien direct mais le suspect était présent à ce moment là dans la région», a indiqué à l'AFP le directeur de la sécurité publique de Haute-Autriche Alois Lissl. La jeune fille de 17 ans avait été retrouvée morte victime d'abus sexuels sur les bords du lac Mondsee, non loin de la pension que possédait et habitait à ce moment là la famille Fritzl.
La lourde porte en béton armé pose également des nombreuses questions aux enquêteurs. Commandée électroniquement, elle condamnait l'accès à l'abri antiatomique dans lequel Elisabeth a été détenue avec trois de ses sept enfants. «Nous avons demandé une expertise de cette porte imposante et sur le mécanisme de fermeture», a indiqué le chef de la police criminelle de Basse-Autriche, Franz Polzer.
«Il n’y avait pas de soupçons»
Le responsable des services sociaux, Heinz Lenze, a pris la défense de son équipe mardi en disant qu'elle avait procédé à toutes les vérifications qu'elle estimait nécessaires. «Il n'y avait pas de soupçon sur une éventuelle présence de la mère dans la cave de cette maison», a-t-il affirmé et donc pas de raison de procéder à une perquisition qui aurait peut-être permis de révéler l'affaire beaucoup plus tôt.
Depuis la première adoption en 1994 les assistantes sociales se sont rendues 21 fois chez les Fritzl pour constater que les enfants allaient bien.
La détention d’Elisabeth et de ses trois enfants aurait peut-être pu être écourtée, si l'équipe venue contrôler en 1999 la chaudière, située dans une pièce adjacente à l'abri souterrain où étaient séquestrées les victimes, avait pu imaginer ce qui se tramait derrière le mur.
«Ils n'avaient aucune chance de savoir ce qui se cachait derrière», a souligné un porte-parole des services municipaux, Hermann Gruber, interrogé par la télévision ORF.
Interrogé mardi sur les clichés publiés dans la presse montrant le supect en vacances en Thaïlande dans les années 1990, le chef de la police criminelle de Basse-Autriche, Franz Polzer, a indiqué que cette piste n'impliquait pas forcément une complicité d'une tierce personne pour nourrir les captifs en son absence. Le bunker comprenait un local où l'on pouvait stocker de la nourriture pour plusieurs semaines, selon lui.
Par ailleurs, la police a perquisitionné mardi cinq autres propriétés de Josef Fritzl, à la recherche d'autres abris identiques, mais sans succès.
Stupeur et incompréhension
Mardi soir, des centaines d'habitants d'Amstetten, sous le choc, ont participé à une veillée aux chandelles pour donner un signe d'espoir après le drame. Un parterre de bougies a été formé sur la place principale de cette ville de 23.000 âmes, située à une centaine de km à l'ouest de Vienne.
La presse autrichienne, elle, continue de s’interroger. «Un aveu et 1.000 questions», titrait mardi le quotidien Kurier, estimant que la «double vie de Josef Fritzl cachait encore beaucoup de secrets».
Pour le quotidien Der Standard, «il est particulièrement choquant et révoltant de savoir que les voisins ne savaient rien, n'ont rien vu, tout en expliquant devant les caméras qu'ils avaient bien eu l'impression qu'il se passait quelque chose d'étrange».
Le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer a en revanche promis d'empêcher que l'image de son pays ne soit ternie par cette sordide histoire, deux ans après l'affaire Natascha Kampusch. «Il n'y a pas d'affaire d'Amstetten, il n'y a pas d'affaire de l'Autriche, il n'y a qu'un cas particulier», a-t-il souligné à la sortie du Conseil des ministres.
Six mois d’enquête
Malgré les aveux de Josef Fritzl, Franz Polzer a estimé lundi que l'enquête pourrait durer encore «six mois».
Le temps d'examiner les pièces à conviction que les enquêteurs sortent par cartons entiers de la maison où l'homme a séquestré sa fille Elisabeth, 42 ans, pendant 24 ans, avec trois des sept enfants issus de la relation incestueuse qu'il lui a imposée.
Il faudra aussi attendre que les victimes, réunies à l'abri des médias dans un service psychiatrique d'une clinique d'Amstetten-Maurer, retrouvent un équilibre psychologique suffisant pour pouvoir supporter une audition.
Elisabeth, cinq de ses enfants et sa mère Rosemarie suivent chacun une thérapie individuelle même s'ils sont réunis dans une même unité de soins, car ils sont «tous traumatisés à des degrés divers», a souligné mercredi le responsable de la clinique, Berthold Kepplinger.
Schizophrénie ou narcissisme
Le suspect a été pour sa propre protection isolé des autres détenus à la maison d'arrêt de Sankt-Pölten, où il a été incarcéré. «Nous lui assurons une protection très renforcée pour assurer le bon déroulement de la procédure judiciaire», a précisé le directeur de l'établissement. «Ces gens se situent tout en bas de la hiérarchie des détenus et sont particulièrement menacés», a-t-il souligné.
Resté muet lors de sa première audition par le juge d'instruction mardi, il devrait adopter la même attitude sur les conseils de son avocat Rudolf Mayer, spécialiste des cas médiatiques.
Avant toute chose son défenseur réclame une expertise psychiatrique. «Il faut déterminer si mon client est responsable de ses actes. Peut-être est-il schizophrène, il a tout de même eu une double vie», s'interroge-t-il dans le quotidien «Die Presse».
«Il peut être déclaré responsable et avoir un dysfonctionnement mental», continue-t-il. Il s'inquiète également de la sécurité de son client en prison, où les délinquants sexuels sont particulièrement mal vus.
Interrogé par le quotidien «Salzburger Nachrichten», le psychiatre et expert judiciaire Reinhard Haller a estimé que le suspect n'était pas un malade mental, mais atteint de «narcissisme», une affection souvent liée à un désir de contrôle sur autrui.
D'autre part, Me Mayer conteste les accusations de viol et d'homicide par négligence. Si le chef d'inculpation d'homicide est retenu, Josef Fritzl encourt la prison à vie. La justice enquête en effet sur la responsabilité du suspect dans la mort, faute de soins, d'un bébé quelques jours après sa naissance dans le sous-sol en 1996. Josef Fritzl a admis avoir brûlé le corps dans la chaudière de l'immeuble. Le viol et la séquestration sont passibles de peines allant jusqu'à 15 ans de détention.
source : Paris Match .com
lien :http://www.parismatch.com/dans-l-oeil-de-match/reportages/autriche-josef-fritzl-descendait-souvent-la-nuit-entiere-dans-la-cave/(gid)/25473
Josef Fritzl, un cas de "narcissisme malin", selon un expert NOUVELOBS.COM | 07.05.2008 | 07:30
Selon un expert, pour le père incestueux d'Amstetten qui a séquestré et violé sa fille pendant 24 ans dans sa cave, l'amour de la puissance passerait par la réduction de ses proches à l'esclavage.
Le cas du père incestueux d'Amstetten, Josef Fritzl, qui a séquestré et violé pendant 24 ans sa fille dans sa cave, viols dont sont nés sept enfants, est un cas typique de "narcissisme malin" doublé du plaisir de nuire, selon le criminologue et psychiatre Thomas Müller.
Interrogé lundi 5 mai par la radio nationale Ö3, Thomas Müller, auteur d'un ouvrage "L'homme, ce monstre" sur ses expériences avec des cas semblables, a expliqué que pour ce genre de criminels l'amour de la puissance passe par la réduction de ses proches à l'esclavage.
"Ils souffrent de narcissisme malin, ce sont des personnes qui ne peuvent élever leur personnalité ou atteindre leur idéal par eux-même, mais tentent d'obtenir le même effet en amoindrissant les autres en les séquestrant, en les faisant souffrir" afin de se sentir puissants, a-t-il précisé.
Trou noir
"C'est comme si ces gens avaient un grand trou noir en eux-même et qu'avec chaque acte de sadisme ils remplissent le trou noir un peu plus, mais en fait le trou s'agrandit de plus en plus."
A la question de savoir pourquoi ils recommencent régulièrement, Thomas Müller a répondu : "Ils sont satisfaits pendant un court laps de temps et découvrent ensuite que ces actes de sadismes ne correspondaient pas exactement à ce qu'ils avaient imaginé, alors ils recommencent".
Sur les motivations qui peuvent pousser un père à abuser sexuellement de sa propre fille, Thomas Müller a expliqué que le viol, "lorsque l'enfant n'a que 11 ans, est une forme d'exercice de sa puissance parce qu'on contrôle mieux son propre enfant" que quiconque d'autre.
"Mais lorsque la fille grandit, il y a un risque qu'elle se rebelle alors le criminel doit trouver un moyen pragmatique de surmonter cela, par exemple en construisant un bunker dans lequel on l'enferme", a-t-il ajouté.
Il a également expliqué qu'en rendant les captifs entièrement dépendants de lui, il assouvit son désir de puissance qui augmente à chaque fois qu'il leur apporte de la nourriture par exemple. Le criminel est à la fois satisfait de voir qu'on a besoin de lui et qu'il a une nouvelle fois pu tromper tout son entourage qui continue d'ignorer ses agissements.
source : Nouvel Obs.com
lien:http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20080505.OBS2619/josef_fritzl_un_cas_de_narcissisme_malin_selon_un_exper.html






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