Revue de presse du 1er juillet 2008
Par Shy le mardi, juillet 1 2008, 18:33 - Revue de presse quotidienne - Lien permanent
Moi, Romain, 34 ans, victime d'inceste par trois hommes de ma famille, raconte son calvaire.
Moi, Romain, 34 ans, victime d'inceste. J'ai décidé, aujourd'hui, de vous raconter mon calvaire.
Ma naissance: Je naquis en juillet 1973, dans l'ouest de la France, dernier d'une famille de quatre. Je vis le jour dans un couple qui se casse la figure. Je n'étais pas désiré, ni par l'un, ni par l'autre.
Mon enfance: Mes parents se sont séparés alors que j'avais 5 ans. Pour moi c'est l'hécatombe. 6 ans, les premiers abus, mes parents étaient naturistes, d'abord c'était des caresses sur la plage, mon père aimait me masser le dos et les fesses. Moi cela me derangeait pas, je pensais que c'était normal.
Le dimanche, c'était les repas de famille qui n'en finissaient pas. Un jour, nous sommes allés chez un oncle qui possédait une exploitation agricole, le père de mon géniteur était présent. Le repas s'est fini en fin d'apres midi, et le soir nous avons fait une soupe à l'oignon. J'aimais la soupe à l'oignon, aujourd'hui, je ne la digère plus. Donc le père de mon géniteur était là et on devait dormir chez cet oncle que je n'ai jamais aimé. Il n'y avait pas de lit pour moi, le seul endroit où je pouvais dormir c'était dans le lit de ce grand- père, que je trouvais très froid. Pendant la nuit, il s'est collé à moi et ma carressé le sexe. Je ne disais rien, j'étais pétrifié, et je pleurais en silence.
Vers 5 ans, je suis parti avec ma mere sur Paris, on a galeré de logement en logement, d'HLM en HLM. J'étais un enfant solitaire qui parlait pas ou très peu. Ma mère a essayé de m'intégrer chez les scouts, mais je n'aimais pas. Dans des "sports co", pareil j'aimais pas. Ce que j'aimais c'était m'enfermer dans mon monde imaginaire.
Pendant les vacances j'allais chez mon père, là-bas habitait ma grande soeur et un grand frère.
Quand nous sortions en famille, mon père avait honte de la façon dont je m'habillais et ordonnait à ma soeur de m'habiller, cela a duré jusqu'à l'âge de 14 ans environ. Malgré mes protestations, je me laissais faire. Le soir pour m'endormir, mon père venait me faire des câlins un peu spéciaux. Il aimait me carresser le torse et mon sexe. Quand je n'arrivais pas à dormir, j'allais le voir et il m'autorisait à dormir à ses côtés, et pendant que je dormais, il me carressait. Un jour, je me suis réveillé car je sentais un truc dur et chaud contre ma bouche, c'était son sexe. Cela fut le premier viol, suivi de tant d'autres, avec sodomie. Quand il me remettait dans mon lit, j'attendais qu'il ferme la porte de sa chambre et j'allais me frapper le pied avec un marteau, jusqu'à en avoir mal.
En dehors des vacances, je vivais chez ma mère, qui, inquiète de mes résultats scolaire et de l'état dans lequel je revenais de chaque période de vacances de chez ce père, m'envoya chez un pédo-psychiatre. Enfin quelqu'un à qui je pouvais parler de ce que je vivais chez mon père. En fin de consultation, il dit à ma mère "votre fils est très imaginatif, je pense qu'il serait bon qu'il aille habiter chez son père." Moi, j'étais effondré de la nouvelle. Je devais écrire à mon père pour aller habiter chez lui. Il a refusé une première fois. Moi j'étais heureux, ma mère était en colère. Je lui envoyais une seconde lettre alors que j'étais en internat et que j'adorais y être. A la seconde lettre, il a accepté, j'étais très en colere, ma mère heureuse.
Jusqu'à sa mort, mon père a profité de moi.
Mon ex-frère: F., second de la famille et premier des garçons, était un ado très dur, c'est à dire qu'il n'acceptait pas ses frères qui habitaient chez sa mère qui était partie sur Paris. Il montrait sa colère en me privant de ses jouets, m'engeulait, me frappait, me menaçait. Quand je faisais un château de sable, il aimait détruire ce que je faisais, je pleurais, j'étais très en colère, mon père ne disait rien. J'ai pris de la distance il y a deux ans. Mon ex-frère n'aime pas les gens qui sont pas à leur compte et qui n'ont pas de fric. Il n'aime pas celui qui se plaint tout le temps. Il aimait me frapper dans le ventre. Un jour, lorsque j'avais 14 ans environ, je prenais mon bain et je me suis lavé les cheveux. A un moment donné, j'ai senti un liquide chaud sur mon crâne, il était en train de m'uriner dessus. A partir de ce moment là, je me suis senti brisé en mille morceaux, il m'avait humilié, et lui il se marrait. Bref, je suis heureux de ne plus le voir.
Le plus beau jour de ma vie: C'était le jour du décès de mon géniteur, à 56 ans. Son père à lui était décédé quand j'avais 10 ans. Ce jour-là, je n'étais pas triste. Donc, le mois de mars 1990 fut un mois de libération. Lorsque que mon deuxieme frère m'annonce sa mort (celle de mon géniteur), ma première réaction fut de rire aux éclats, je me suis dit : "enfin libre !" La nuit de sa disparition, je suis allé dormir chez une tante. En descendant les escaliers, la premiere réaction que j'ai eu, fut :"ah j'ai super bien dormi". Après sa mort, mes résultats ont remonté et j'ai réussi à avoir le bac alors que de son vivant les profs se demandaient ce que j'allais devenir.
J'ai réussi à avoir un boulot, puis plusieurs, et à faire du theâtre pendant 15 ans, et du cirque pendant 7 ans. J'adorais être sur scène, faire le clown. J'étais enfin heureux.
Ma mère: Cette femme qui fut ma mère est née dans une famille de l'ouest de la France, son père était un homme très dur et sa mère une femme très fourbe. Donc cette mère qui, pendant des années m'a couvé et parlé de mon père en ne m'épargnant pas les détails de leur vie conjugale, cette femme qui pendant des années nous a dit qu'elle était heureuse d'avoir des enfants comme nous, mais en même temps nous disait que le boulot qu'elle faisait, elle ne l'aimait pas, cette femme m'a culpabilisé. A chaque fois que je faisais quelque chose, elle me disait "mais tu sais M., ton frère, il a fait ça et cela et c'est super", elle me mettait toujours en seconde position. Quand j'ai commencé à bosser, la première réaction fut, "être surveillant n'est pas un vrai métier", alors je me suis aventuré dans l'interim, j'aimais pas trop, je voulais à tout prix être indépendant financièrement. Bref, jusqu'au jour où j'ai rencontré ma moitié, j'ai pris de plus en plus de distance, et, finalement j'ai coupé les ponts, je l'appelle de temps en temps mais c'est rare.
Aujourd'hui: J'essaie de me reconstruire, de me stabiliser dans un boulot, de ne pas avoir peur des gens qui m'aiment. Je suis détruit, mais j'y crois, je sais que j'ai droit au bonheur. Je ne vois plus ma famille.... Bref, je me reconstruis en montant mon association d'aide aux victimes. Parce que l'inceste, cela n'arrive pas qu'aux autres. 1 femme sur 3 et 1 homme sur 5 à été victime d'inceste.
Voici le site d'aide aux victimes : http://cfvi.fr
Merci de m'avoir lu
Amicalement
Romain
http://www.lepost.fr/article/2008/06/30/1216317_moi-romain-34-ans-victime-d-inceste-par-trois-hommes-de-ma-famille-raconte-son-calvaire.html
Nouvelle condamnation de la France par la CEDH pour violation de l'équité de la procédure
L'article 6 § 3 a) et b) de la Convention EDH prévoit que toute personne a le droit d'être informée d'une manière détaillée de la nature et de la cause de l'accusation portée contre elle, et doit disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense. Viole ce principe, la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit, effectuée au moment du délibéré de la cour d'appel.
> CEDH, 19 décembre 2006, Mattei c/ France, n° 34043
Commentaire :
Dans cette espèce, la requérante avait été condamnée en première instance pour tentative d'extorsion de fonds en relation avec une entreprise terroriste. Saisie d'un appel interjeté par cette dernière, la cour d'appel considéra, lors de son délibéré, que les faits visés à la prévention constituaient en réalité une complicité d'extorsion de fonds par aide ou assistance. La requérante se pourvut en cassation en invoquant la violation de l'article 6 § 3 a) et b) de la Convention EDH. Elle exposait que cour d'appel ne lui avait pas laissé la possibilité de présenter sa défense sur la qualification de complicité. La Cour de cassation rejeta son pourvoi en soulignant que « la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit n'a en rien modifié la nature et la substance de la prévention ». A la suite de cette décision, la requérante a saisi la CEDH en arguant de la méconnaissance « de l'équité de la procédure en ce qu'elle n'aurait pas pu discuter contradictoirement le bien-fondé de l'accusation pénale dirigée contre elle et présenter sa défense sur la nouvelle qualification retenue par la Cour d'appel ».
A l'appui de sa démonstration, la requérante invoquait la jurisprudence de la CEDH dégagée lors de l'arrêt Pélissier et Sassi c. France du 25 mars 1999 (Rec. 1999-II, et 52, D. 2000. 357, note D. Roets ; RTDH 2000. 281, obs. Flécheux et Massis). En effet, selon l'arrêt Pélissier, la Cour « reconnaît à l'accusé le droit d'être informé non seulement de la cause de l'accusation, c'est-à-dire des faits matériels qui sont mis à sa charge et sur lesquels se fonde l'accusation, mais aussi de la qualification juridique donnée à ces faits et ce d'une manière détaillée ». La qualification exacte retenue par les juridictions doit donc être connue de la personne poursuivie. Cette exigence est envisagée par la CEDH « à la lumière du droit de l'accusé de préparer sa défense ». L'exercice des droits de la défense est nécessairement conditionné par une information complète sur la qualification juridique des faits. En outre, la Cour de cassation a tiré les enseignements de la jurisprudence Pélissier et mentionne, depuis 2001, « que s'il appartient aux juges répressifs de restituer aux faits dont ils sont saisis leur véritable qualification, c'est à la condition que le prévenu ait été mis en mesure de se défendre sur la nouvelle qualification envisagée ». (Cass. crim., 16 mai 2001, Bull. crim. n° 128 ; D. 2002. 31, note Lapérou-Scheneider ; Dr. pénal 2001. 109, obs. Maron ; Gaz. Pal. 2002. 2. Somm. 1200, obs. Monnet ; RSC 2001. 821, obs. Renucci ; pour les autres exemples de jurisprudence, V. les notes sous l'article 111-4 du Code pénal Dalloz).
En l'espèce, la prévenue s'appuyait sur cette conception de l'équité dans la procédure pour contester sa condamnation. Elle soulignait que la requalification ayant eu lieu lors du délibéré de la cour d'appel, elle n'avait pas eu connaissance de cette dernière qualification. Or, ses moyens de défense auraient été différents si elle avait été informée qu'elle n'était plus poursuivie pour le délit d'extorsion de fonds, mais pour la complicité de ce délit. Le gouvernement français contestait cet argument en précisant que la requalification était « purement formelle ». Dès lors, les moyens de défense de la requérante n'auraient pas été différents de ceux choisis pour contester le délit. Les juges français n'avaient fait qu'exercer leur droit de requalification sans rien ajouter aux faits et la prévenue ne pouvait se prévaloir d'aucun préjudice.
La CEDH, dans son arrêt en date du 19 décembre 2006, donne raison à la requérante et déclare que l'article 6 de la Convention EDH a bien été violé par les juridictions françaises. Elle constate que la requérante n'avait pas eu connaissance de la possibilité de requalification des faits en complicité de tentative d'extorsion de fonds, ce qui a engendré des répercussions sur sa défense. En effet, comme le rappelle la CEDH « on ne peut soutenir que la complicité ne constitue qu'un simple degré de participation à l'infraction ». Eu égard au principe de l'interprétation stricte du droit pénal, la Cour « ne saurait admettre que les éléments spécifiques de la complicité soient éludés ». Par conséquent, la CEDH en conclue « qu'elle n'a pas à apprécier le bien-fondé des moyens de défense que la requérante aurait pu invoquer si elle avait eu la possibilité de débattre de la complicité de tentative d'extorsion de fonds, mais relève simplement qu'il est plausible de soutenir que ces moyens auraient été différents de ceux choisis afin de contester l'action principale ».
A l'occasion de cet arrêt, la CEDH veille une nouvelle fois au respect des droits de la défense, dont l'exercice dépend d'une parfaite connaissance de la qualification retenue par les juridictions nationales.
A. Darsonville
http://osezdire.actifforum.com/france-f29/condamnation-de-la-france-par-la-cedh-t538.htm



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